"Boeing de la coke" au Mali: l'enquête progresse malgré les "pressions"

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BAMAKO (AFP)

L'enquête sur un Boeing 727 bourré de cocaïne ayant atterri en 2009 dans le nord désertique du Mali progresse avec l'inculpation à Bamako de trois personnes, dont deux Européens, malgré des "pressions" dans la gestion du dossier.

Les inculpations ont été révélées par le magistrat malien Sombé Théra, procureur au Pôle économique et financier de Bamako, une structure anti-corruption comprenant notamment un parquet, un cabinet d'instruction et une brigade économique et financière spécialisés.

"Dans le cadre de l'enquête sur l'avion transportant la cocaïne, un Français, un Espagnol et un Malien ont été inculpés pour trafic international de cocaïne", a affirmé M. Théra lundi soir à la télévision nationale malienne.

C'est la première fois que le Mali confirme officiellement que le Boeing transportait de la drogue.

Une source proche du dossier a identifié l'Espagnol par un seul prénom, "Miguel", indiquant qu'il s'agit d'un ancien policier espagnol.

Les trois personnes inculpées sont détenues au Mali.Aucune indication n'a été fournie sur leur identité, les dates de leur arrestation et les lieux de leur détention.

D'après des sources proches du dossier, tous trois feraient partie d'une dizaine de suspects arrêtés depuis plusieurs mois dans le pays où, début novembre 2009, le Boeing 727 venant du Venezuela et transportant de "la cocaïne et d'autres produits illicites", selon l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), avait atterri dans la région de Gao (nord).

Après avoir déchargé son précieux contenu, les trafiquants avaient incendié l'appareil.

Parmi les personnes arrêtées au Mali, figure un pilote français, appréhendé en mars et soupçonné d'être impliqué dans divers trafics de drogue.

Des arrestations ont également eu lieu au Maroc, autre noeud des trafiquants qui y faisaient transiter la cocaïne, selon des sources sécuritaires marocaines et maliennes, qui n'ont pas fourni plus de détails.

En mars, des sources proches du dossier et sécuritaires maliennes avaient annoncé à l'AFP l'arrestation de deux hommes considérés comme de "grands suspects" dans le cadre de l'enquête, pour laquelle le Mali recherchait six suspects, en fuite, incluant de richissimes commerçants.

Les deux "grands suspects", tous deux de peau claire selon des photos montrées à un journaliste de l'AFP, se présentaient comme des commerçants.

L'un des deux hommes est originaire du Sahara occidental (il est né à Lâayoune) et a la nationalité malienne, il vivait entre les camps de Tindouf (extrême sud-ouest algérien) et le Mali, où il a de la famille, et parle "parfaitement l'espagnol", tandis que l'autre est de nationalité malienne.

En avril, un responsable au ministère malien de la Justice avait évoqué, sans en préciser l'origine, des "pressions pour obtenir la libération des ces deux principaux suspects.

Le président malien Amadou Toumani Touré a toutefois donné "le feu vert pour faire toute la lumière sur l'affaire", avait-il précisé.

"Nous avons écouté et relâché des élus, des protagonistes.Personne ne sera protégé, le gouvernement nous a donné le feu vert sur l'affaire", avait aussi déclaré un enquêteur.

L'Afrique de l'Ouest est considérée par les agences internationales de la lutte contre la drogue comme un point de transit important dans le commerce de stupéfiants venant d'Amérique latine et destinés à l'Europe.

Plusieurs bandes de trafiquants, dont certaines notoirement liées Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), sévissent dans le Sahara, de l'Algérie à la Mauritanie en passant par le Mali et le Niger.

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