Les combats entre armées sudiste et du Nord du Soudan au Kordofan-sud débordent de cet Etat et touchent désormais le futur Etat du Sud Soudan, ont annoncé lundi les Nations unies, tandis que les discussions pour résoudre la crise nord-sud se poursuivent à Addis Abeba.
"Les combats comprenant des bombardements et des tirs d'obus ont été signalés dans 11 des 19 localités du Kordofan-sud et se sont étendus au comté de Parieng, dans l'Etat d'Unité (sudiste, ndlr)", a annoncé le bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) dans un communiqué.
L'armée sudiste avait accusé vendredi l'armée soudanaise (SAF) de mener des frappes aériennes dans l'Etat d'Unité (Sud du Soudan), à moins d'un mois de la partition, pour s'emparer des champs pétroliers de cet Etat stratégique. Mais selon les Nations unies les violences restaient cantonnées au Kordofan, côté nord de la frontière, sans jamais la franchir.
Des affrontements opposent depuis le 5 juin l'armée de M. Béchir (SAF) aux forces sudistes au Kordofan-Sud, qui a été un champ de bataille pendant la guerre civile entre le Nord et le Sud (1983-2005).
"Les gens se préparent à vivre de nouveau une guerre", a déclaré sous couvert d'anonymat un humanitaire de la région des Monts-Nuba au Kordofan-Sud. "Ils ont peur, ils sont terrifiés à chaque fois qu'un Antonov (avion bombardier) les survole, ils courent se mettre à l'abri.Beaucoup se sont réfugiés dans les collines, où ils se sentent plus en sécurité", a-t-il ajouté.
Le principal aéroport soudanais est fermé depuis vendredi, ce qui "entrave largement" le travail des humanitaires dans le pays, selon les Nations unies.
Lundi matin, des appareils des SAF ont bombardé la zone de Yau, dans l'Etat d'Unité, a annoncé une source des Nations unies à l'AFP sans toutefois préciser s'il y avait eu des victimes.
Selon des estimations provisoires des Nations unies, les affrontements meurtriers entre forces nordistes et sudistes au Kordofan-Sud ont fait près de 63.500 déplacés. Ils redoutent des frappes aériennes plus denses visant les positions des ex-rebelles, notamment dans la région de Haiban, au sud-est de Kadougli, la capitale du Kordofan-sud, où un médecin a affirmé que son hôpital avait reçu 10 corps de personnes tuées dans des affrontements.
Les violences ont mis à mal les négociations en cours depuis des mois en Ethiopie et reprises dimanche lors de la rencontre entre le président soudanais Omar el-Béchir et son premier vice-président, le Sud-Soudanais Salva Kiir à Addis Abeba.
"Les espoirs et les peurs de millions de Soudanais sont entre leurs main", a déclaré dimanche soir à Khartoum l'ambassadeur britannique au Soudan.
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