Libye: l'Allemand Westerwelle à Benghazi, Tripoli refuse tout départ de Kadhafi

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BENGHAZI (Libye) (AFP)

Le chef de la diplomatie allemande rencontre lundi à Benghazi (est) des représentants des rebelles, que des combats opposent aux forces gouvernementales sur plusieurs fronts, le régime libyen refusant toute discussion sur un départ du colonel Mouammar Kadhafi.

Dès son arrivée vers 10H30 GMT, Guido Westerwelle s'est rendu au siège du Conseil national de Transition (CNT), où il doit notamment s'entretenir avec Moustapha Abdeljalil, le président de l'organe politique des rebelles.Il s'adressera ensuite à la presse.

Le ministre allemand de la Défense Thomas de Maizière avait indiqué jeudi que l'Allemagne serait prête à envisager d'envoyer des troupes de maintien de la paix en Libye après la chute éventuelle de Mouammar Kadhafi, si l'ONU le lui demandait. L'Allemagne s'était abstenue lors du vote le 17 mars de la résolution 1973 autorisant le recours à la force pour protéger les civils libyens, avant de refuser toute participation à l'opération Protecteur unifié, sous commandement de l'Otan.

 Dimanche, les Emirats arabes unis sont devenus le deuxième pays arabe, après le Qatar, et le 12e pays dans le monde à reconnaître le CNT, après notamment le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

Mais le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, a affirmé à nouveau dimanche qu'il ne cèderait pas d'un pouce, malgré les défections et la multiplication des appels internationaux pour son départ, notamment celui de la Russie, pourtant son ancien allié, qui doit envoyer la semaine prochaine un émissaire à Tripoli.

"Je ne suis ni Premier ministre ni président ni roi.Je n'occupe aucun poste en Libye.C'est pourquoi je ne dois renoncer à aucune fonction", a déclaré le colonel Kadhafi, selon les propos rapportés par le président russe de la Fédération internationale des échecs, Kirsan Ilioumjinov.

Les deux hommes se sont rencontrés à Tripoli où ils ont joué aux échecs, preuve à l'appui les images diffusées par la télévision libyenne montrant le dirigeant libyen, lunettes noires et abaya (longue robe), en pleine partie.

Le porte-parole du gouvernement libyen, Moussa Ibrahim, a indiqué dimanche soir que le régime rejetait toute discussion sur un départ du colonel Kadhafi, coupant court à l'offre de la Turquie qui s'était portée garante de son éventuel exil.  La tentative de médiation d'Ankara s'ajoutait à celle de l'Union africaine et à la "feuille de route" que doit présenter Moscou, mais semble comme les autres n'avoir que peu d'effets sur le régime.

Le conflit a fait depuis le 15 février entre "10.000 et 15.000" morts selon l'ONU, et obligé près de 952.000 à prendre la fuite, selon l'Organisation internationale pour les migrations.

Sur le terrain, les combats se poursuivent de plus belle entre pro et anti-Kadhafi. Dans l'Est, les rebelles tentent de gagner Brega, situé à 240 km à l'ouest de Benghazi.

A 40 km à l'est de ce site pétrolier stratégique se sont déroulés dimanche d'intenses affrontements à coups de roquettes Grad et d'obus, selon les rebelles, et Moussa El Mograbi, l'un de leurs commandants, a indiqué à l'AFP que quatre rebelles avaient été tués.Lundi dans la matinée, la situation était calme, selon lui.

 L'Otan affirme avoir frappé cinq cibles dans cette zone, et le régime assure lui que la petite "centaine" de rebelles ne gagne pas de terrain.

Dans la région de Misrata, cité portuaire rebelle à 200 km à l'est de Tripoli, les forces pro-Kadhafi ont par ailleurs pilonné à nouveau samedi la zone de Dafniyeh.

A Zliten, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Misrata, les forces loyalistes ont encerclé le quartier populaire d'Azdou et menacé à l'aide de haut-parleurs de violer les femmes et de tuer les hommes si les rebelles ne rendaient pas les armes, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la rébellion à Misrata.

Dans l'ouest, à Zawiyah, ville côtière à 40 km à l'ouest de la capitale, les combats font rage depuis samedi, date à laquelle les insurgés affirment avoir repris une partie de la cité, contrôlée depuis mars par les forces gouvernementales.

Les forces loyalistes ont coupé la route menant à la frontière tunisienne pour "empêcher l'afflux des réfugiés" de cette agglomération de 250.000 habitants, selon une source rebelle.

Dans les montagnes berbères de l'ouest, la région du Jebel Garbi, au moins neuf rebelles sont morts et une cinquantaine ont été blessés dans d'intenses combats visant à desserrer l'étau autour de Zenten, et écraser les poches de résistance des pro-Kadhafi, selon un décompte d'un correspondant de l'AFP à l'hôpital de cette ville.

Lundi, aucun bombardement n'avait été signalé sur la ville.Les rebelles affirment qu'ils manquent de munitions et d'armement pour poursuivre leur offensive.

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