Les troupes gouvernementales soudanaises ont mené mardi de nouveaux raids sur le Kordofan-Sud, dans le centre du Soudan, l'ONU déplorant d'"énormes souffrances" causées à la population civile alors que Khartoum dit "cibler une rébellion".
Des affrontements opposent depuis le 5 juin dans le Kordofan-Sud les troupes de Khartoum (nordistes) aidées par des milices pro-gouvernementales, aux forces sudistes.
Cet Etat, le seul pétrolier du Nord, a été un champ de bataille pendant la guerre civile entre le Nord et le Sud (1983-2005).
"Nous faisons face à une rébellion au Kordofan-Sud et nous ciblons les rebelles", a déclaré à l'AFP le porte-parole des forces armées soudanaises (SAF, nordistes), Sawarmi Khaled Saad.
"Nous sommes extrêmement inquiets à propos des bombardements, qui sont en train de causer d'énormes souffrances à la population civile et de mettre en danger l'aide humanitaire", a pour sa part déploré Kouider Zerrouk, porte-parole de la mission de l'ONU au Soudan (Minus).
"Les bombardements intenses de la semaine dernière par les SAF se poursuivent à Kadougli et Kauda, où des avions ont lancé 11 bombes à 10H30 du matin (07H30 GMT), apparemment visant un aérodrome", a-t-il ajouté à l'AFP.Deux obus sont tombés à proximité du complexe de la Minus à Kauda, situé à 150 mètres de l'aérodrome.
Les civils craignent de nouveaux raids aériens sur les anciens bastions des ex-rebelles sudistes notamment aux Monts Nuba, qui occupent une grande partie du Kordofan-Sud.
"Nous réitérons notre appel à la SAF, la SPLA (armée sudiste) et les autres groupes armés impliqués dans ce conflit afin de permettre l'accès immédiat des agences d'aide humanitaire, à arrêter les attaques contre les civils, de les respecter et les protéger en accord avec le droit international", a poursuivi le porte-parole de la Minus.
Les affrontements se poursuivent entre les troupes nordistes et la SPLA à environ 15 kilomètres du complexe de la Minus à Kauda, selon une autre source des Nations unies qui n'étaient pas en mesure de donner plus de détails sur le nombre des victimes des dernières violences au Kordofan-Sud.
Mais selon une ONG soudanaise, 65 personnes ont été tuées dans les raids aériens.Dans un rapport publié lundi, le Sudan Democracy First Group accuse les forces gouvernementales d'un "tas de crimes et de violations des droits de l'Homme commis contre la population civile au Kordofan-Sud/Etat des Monts Nuba".
Elle fait état notamment du meurtre de deux membres de la Minus, Numeiri Silik and Juma Bahr, tués devant le siège de la mission à Kadougli, capitale du Kordofan-Sud, et le corps d'un troisième homme découvert dans les parages.
Le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés a exhorté mardi Khartoum ainsi que le Kordofan-Sud à donner d'urgence un accès aux personnes prises dans les combats et fait état de stocks de l'ONU pillés.
A Addis Abeba, les représentants du Nord et du Sud Soudan ont poursuivi mardi leurs négociations sur l'enclave disputée d'Abyei, à la lisière du Sud et du Nord, et les modalités de mise en oeuvre d'un accord de principe prévoyant le retrait des troupes de Khartoum.
Les troupes nordistes, appuyées par des blindés, sont entrées le 21 mai dans Abyei, en réponse à une attaque meurtrière deux jours plus tôt contre un convoi de l'armée au nord de la région, dans laquelle au moins 22 soldats nordistes ont été tués.
Près de 100.000 personnes ont fui les combats à Abyei, selon les Nations unies.
Les combats se sont également étendus ces derniers jours dans l'Etat sudiste d'Unité, qui fut comme le Kordofan-Sud, un champ de bataille pendant la guerre civile.
Ces violences font craindre une reprise de la guerre à grande échelle, après la signature d'un accord de paix (CPA) en 2005 et à quelques semaines de la déclaration formelle d'indépendance du Sud Soudan le 9 juillet.
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