Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a appelé jeudi à Alger à ne "pas ressasser indéfiniment" le passé colonial mais à se concentrer sur un avenir mutuellement bénéfique, en plein climat d'"embellie" des liens franco-algériens.
Premier ministre des Affaires étrangères français à se rendre en Algérie depuis 2008, M. Juppé a été reçu "chaleureusement" par ses hôtes, son homologue Mourad Medelci, le Premier ministre Ahmed Ouyahia et le président Abdelaziz Bouteflika qui l'a invité à déjeuner, selon son entourage.
Avec M. Bouteflika, l'entretien a été "excellent, long et tous les sujets abordés ont été approfondis", a-t-on indiqué de même source, et "cela confirme bien l'embellie des relations franco-algériennes".
Les deux parties ont toutefois des "approches différentes", selon les mots d'un diplomate algérien, sur certaines questions dont la Libye qui a largement été évoquée.
Alger soutient la feuille de route de l'Union africaine, recommandant une solution négociée au conflit, tout en ayant approuvé la résolution 1973 du Conseil de sécurité qui a imposé une zone d'exclusion aérienne en vue de la protection des populations civiles locales.Mais il n'a jamais demandé le départ de Kadhafi et juge que l'Otan outrepasse son mandat.
"Quand un chef d'Etat utilise ses canons et ses armes contre la population, il doit partir".Il "a perdu toute légitimité", a noté M. Juppé lors d'un point de presse conjoint avec M. Medelci.
"L'intervention militaire en Libye n'est pas une fin en soi", a-t-il souligné en rejoignant l'Algérie favorable à une "solution politique".
Le chef de la diplomatie française a souligné que son pays avait des "relations très étroites" avec le Conseil National de Transition (CNT) libyen qu'il a été le premier reconnaître.
L'Algérie ne lui a pas emboîté le pas.Elle attend les décisions de la Ligue arabe et de l'Union africaine, a rappelé M. Medelci.
Pour le Sahel, zone d'intérêt commun, M. Juppé a longuement félicité Alger pour sa collaboration militaire régionale contre Al-Qaïda du Maghreb islamique (Aqmi) et la criminalité, illustrée par une réunion récente à Bamako et une autre en septembre à Alger.
"Nous sommes tout à fait disponibles pour participer à cette coopération", d'autant, a-t-il dit, qu'il y a "une volonté accrue de travailler ensemble au Sahel".
La France, qui a d'importants intérêts dans la région, est "la cible prioritaire des menaces terroristes", a-t-il rappelé.Quatre Français sont entre les mains d'Aqmi depuis le 16 septembre et d'autres ont été enlevés ou tués.
Le développement d'un partenariat économique a dominé les discussions sur le bilatéral, dans la foulée de la mission réussie de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin chargé par le président Nicolas Sarkozy d'aplanir les dossiers en suspens dans ce domaine.
Elle s'est achevée par un forum qui a rassemblé plus de 600 entreprises fin mai.Du jamais vu à Alger.Et douze gros dossiers en suspens ont aussi été quasi-réglés.
M. Juppé y voit le "renforcement d'intérêts mutuels" dans un climat "de franchise et d'amitié résolument tourné vers la construction d'une relation franco-algérienne de plus en plus confiante et amicale".
Mais il n'a pu réprimer un mouvement d'humeur après la énième question de la presse sur la repentance de la France pour son passé colonial en Algérie."Nous n'allons pas ressasser indéfiniment" cette période de l'Histoire, a-t-il répondu.
Le maire de Bordeaux s'est ensuite rendu à Oran, ville de l'ouest algérien jumelée avec la sienne pour y rencontrer le wali (préfet), le maire et de jeunes Algériens avant de repartir en fin d'après-midi à Paris.
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