L'armée soudanaise prête à se battre par "tous les moyens" au Kordofan-Sud

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KHARTOUM (AFP) - (AFP)

L'armée soudanaise s'est dit déterminée à se battre par "tous les moyens" contre la rébellion dans l'Etat nordiste du Kordofan-Sud, où les combats ont de graves conséquences humanitaires, avec notamment 60.000 déplacés dont la moitié sont des enfants.

"Nous poursuivons nos opérations dans les collines autour de Kadougli (capitale du Kordofan-Sud) pour arrêter la rébellion" et "nous continuerons à nous battre avec tous les moyens dont nous disposons", a déclaré Sawarmi Khaled Saad, porte-parole des forces armées soudanaises (SAF) du régime de Khartoum.

Les combats entre les troupes nordistes des SAF appuyées par des milices et des combattants liés à l'armée populaire de libération du Soudan (SPLA, armée sudiste) durent depuis le 5 juin.

Quelque 60.000 personnes ont fui leurs habitations en raison de la violence, selon l'ONU et des organisations humanitaires.

Parmi elles, on compte environ 30.000 enfants, a indiqué l'organisation Save the Children, basée en Grande-Bretagne.

"L'heure est venue pour les dirigeants soudanais, du Nord comme du Sud, de choisir la paix" car "il n'y a pas de solution militaire", a déclaré le président américain Barack Obama sur la radio publique américaine à destination de l'étranger, Voice of America.

"Les leaders du Soudan et du Sud-Soudan doivent assumer leurs responsabilités.Le gouvernement doit prévenir toute nouvelle escalade en cessant immédiatement ses actions militaires, y compris les raids aériens, les déplacements forcés (de populations) et les mesures d'intimidation", selon lui.

Mardi, Washington avait déjà menacé le gouvernement Béchir d'interrompre le processus de "normalisation" si "l'escalade" se poursuivait au Kordofan-Sud, qui avait été un champ de bataille pendant la guerre civile sanglante entre le Nord arabo-musulman et le Sud africano-chrétien (1983-2005).

Cet Etat, le seul pétrolier du nord du pays, est en proie depuis le 5 juin à des affrontements entre les forces armées nordistes (SAF, nordistes) aidées de milices, et des forces liées à la SPLA.

Selon les Nations unies, les combats affectent "un grand nombre" des quelque 1,4 million d'habitants présents dans onze secteurs de conflit.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon a appelé mercredi à "la fin immédiate des hostilités" et "à l'accès de l'aide humanitaire" dans ce vaste territoire sous-développé.

Valerie Amos, chef des opérations humanitaires de l'ONU, s'est déclarée "extrêmement inquiète" de l'impact de ce conflit sur la population du Kordofan-Sud et a fait état d'un "nombre croissant d'informations rapportant que des civils sont pris pour cible".

"Les organisations humanitaires apportent de l'aide là où elles le peuvent, mais leur capacité à aider la majeure partie de ceux qui en ont besoin est gravement compromise par l'insécurité et le manque d'accès", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Le porte-parole de l'armée a quant à lui démenti que les forces de Khartoum s'en prenaient à la population du Kordofan-Sud et rejeté la responsabilité des combats sur la rébellion.

"Notre rôle est de protéger la population civile et nous menons les opérations pour protéger les civils et les routes du Kordofan-Sud", a-t-il assuré.

Outre cet Etat, des combats meurtriers ont éclaté ces dernières semaines entre les troupes du chef de l'Etat soudanais, le nordiste Omar el-Béchir, et des forces sudistes dans la région frontalière disputée d'Abyei et dans l'Etat d'Unité.

Ces combats se déroulent à quelques semaines de l'indépendance effective du Sud-Soudan, prévue le 9 juillet.

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