Au moins cinq membres d'une même famille, dont deux enfants, ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche dans un raid de l'Otan à Tripoli, a affirmé le régime libyen, qui a accusé l'Alliance atlantique de commettre des "barbaries" en visant "délibérément des civils".
"Nous sommes au courant des affirmations du régime libyen et nous sommes en train de vérifier cela", a indiqué à l'AFP un responsable de l'Alliance atlantique, sous couvert de l'anonymat.
Une autre source au sein de l'Otan, qui a pris le 31 mars les rênes de l'intervention internationale, sous mandat de l'ONU, pour protéger la population civile, a précisé que les avions de l'Alliance avaient bien mené des raids sur Tripoli au cours des dernières 24 heures.
Un immeuble de deux étages, dans lequel résidaient cinq familles, selon les autorités libyennes, a été détruit par le bombardement dans le quartier populaire d'Al-Arada, dans l'est de Tripoli.Au moins deux autres maisons voisines ont été endommagées, selon un journaliste de l'AFP.
Deux corps ont été retirés des décombres devant les correspondants de la presse internationale, emmenés par les autorités sur place.
A l'hôpital de Tripoli, les journalistes ont par ailleurs pu voir les corps de deux enfants de moins de deux ans et celui d'une femme, tous membres de la même famille, selon les autorités.
Le porte-parole du régime libyen Moussa Ibrahim a affirmé s'attendre à un bilan plus lourd, car selon lui pas moins de 15 membres de la famille Al-Gharari, dont des enfants, habitaient l'immeuble détruit.
Il a accusé l'Alliance atlantique de commettre des "barbaries" en visant "délibérément des civils"."C'est une autre nuit de tuerie, de terreur et d'horreur, causée par l'Otan", a-t-il déploré, en affirmant qu'il n'y avait pas d'installations ou de véhicules militaires à proximité du quartier.
Les dirigeants américains, français, britanniques et italiens, qui conduisent les opérations militaires, sont "responsables moralement et légalement de ces meurtres", a-t-il dit, assurant: "Ce n'est pas de la propagande.Ce n'est pas une chose qui peut être mise en scène".
Le régime tente de défendre sa crédibilité, après que des journalistes ont mis en doute il y a deux semaines l'origine des blessures d'une enfant présentée comme une victime des raids de l'Otan, alors qu'elle avait été blessée lors d'un accident de la route, selon un membre du personnel de l'hôpital où elle était soignée.
M. Ibrahim a appelé à nouveau la communauté internationale à arrêter "l'agression" contre la Libye et à encourager un dialogue entre toutes les parties pour mettre fin au conflit qui déchire le pays depuis le déclenchement de la rébellion mi-février.
"L'Otan, est très bonne lorsqu'il s'agit d'attaquer et de tuer les gens mais très mauvaise lorsqu'il s'agit de commencer toute sorte de dialogue", a-t-il dit.
Si le raid se confirme, il s'agirait de la première bavure de l'Otan à Tripoli depuis le début de ses opérations en Libye.
Jeudi, l'Otan avait démenti les affirmations du régime selon lesquelles 12 personnes avaient péri mercredi dans un raid de ses forces à Kikla au sud de Tripoli, affirmant n'avoir mené aucune frappe dans cette localité.
Dans la nuit de vendredi à samedi, le Premier ministre libyen, Baghdadi Mahmoudi, avait déjà accusé l'Otan de commettre des "crimes de guerre et des crimes contre l'humanité" et appelé à "une réunion urgente" de l'ONU pour examiner ces crimes.
L'Otan avait alors jugé ces déclarations "scandaleuses", affirmant: "C'est Kadhafi et son régime qui ont systématiquement et brutalement attaqué le peuple libyen".
Pour autant, samedi soir, l'Alliance atlantique a reconnu qu'un de ses avions avait accidentellement frappé une colonne des forces rebelles dans la région de Brega (est) le 16 juin, disant regretter "toute perte en vies humaines ou toute blessure due à cet incident".
Une réunion de hauts responsables de l'ONU, de l'Union européenne, de la Ligue arabe, de l'Organisation de la conférence islamique et de l'Union africaine a insisté samedi au Caire sur la nécessité "d'accélérer le lancement d'un processus politique qui réponde aux aspirations légitimes du peuple libyen".
La réunion a également "souligné l'importance du rôle de l'ONU" et "d'appliquer entièrement les résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité".
La résolution 1973 autorise "toutes les mesures nécessaires" pour protéger les civils de la répression de Mouammar Kadhafi et prévoit une zone d'exclusion aérienne pour empêcher l'aviation du régime de pilonner ses opposants.
Depuis mi-février, le conflit a fait entre "10.000 et 15.000" morts et obligé près de 952.000 personnes à prendre la fuite, selon des organisations internationales.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.