Au moins neuf personnes, dont deux enfants, ont été tuées dans la nuit de samedi à dimanche dans un raid de l'Otan à Tripoli, a affirmé le régime libyen, qui a accusé l'Alliance atlantique de commettre des "barbaries" en visant "délibérément des civils".
"Nous sommes au courant des affirmations du régime libyen et nous sommes en train de vérifier cela", a indiqué à l'AFP un responsable de l'Alliance atlantique, sous couvert de l'anonymat.
Une autre source au sein de l'Otan, qui a pris le 31 mars les rênes de l'intervention internationale, sous mandat de l'ONU, pour protéger la population civile, a précisé que les avions de l'Alliance avaient bien mené des raids sur Tripoli au cours des dernières 24 heures.
"Le bilan s'élève maintenant à neuf martyrs, dont cinq de la même famille, et dix-huit blessés", a déclaré le porte-parole Moussa Ibrahim.Un précédent bilan faisait état de cinq morts tués lors du bombardement de leur habitation.
"Les quatre autres personnes ont été tuées alors qu'elles passaient devant l'habitation au moment du raid", a-t-il précisé.
Un immeuble de deux étages, dans lequel résidaient cinq familles, selon les autorités libyennes, a été détruit par le bombardement dans le quartier populaire d'Al-Arada, dans l'est de Tripoli.Au moins deux autres maisons voisines ont été endommagées, selon un journaliste de l'AFP.
Deux corps ont été retirés des décombres devant les correspondants de la presse internationale, emmenés par les autorités sur place.
A l'hôpital de Tripoli, les journalistes ont pu voir les corps de deux enfants de moins de deux ans et celui d'une femme, selon les autorités.
M. Ibrahim a accusé l'Alliance atlantique de commettre des "barbaries" en visant "délibérément des civils"."C'est une autre nuit de tuerie, de terreur et d'horreur, causée par l'Otan", a-t-il déploré, en affirmant qu'il n'y avait pas d'installations ou de véhicules militaires à proximité du quartier.
Les dirigeants américains, français, britanniques et italiens, qui conduisent les opérations militaires, sont "responsables moralement et légalement de ces meurtres", a-t-il dit, assurant: "Ce n'est pas de la propagande.Ce n'est pas une chose qui peut être mise en scène".
Le régime tente de défendre sa crédibilité, après que des journalistes ont mis en doute il y a deux semaines l'origine des blessures d'une enfant présentée comme une victime des raids de l'Otan, alors qu'elle avait été blessée lors d'un accident de la route, selon un membre du personnel de l'hôpital où elle était soignée.
M. Ibrahim a appelé à nouveau la communauté internationale à arrêter "l'agression" contre la Libye et à encourager un dialogue entre toutes les parties pour mettre fin au conflit qui déchire le pays depuis le déclenchement de la rébellion mi-février.
Si le raid se confirme, il s'agirait de la première bavure de l'Otan à Tripoli depuis le début de ses opérations en Libye.
Jeudi, l'Otan avait démenti les affirmations du régime selon lesquelles 12 personnes avaient péri mercredi dans un raid de ses forces à Kikla au sud de Tripoli, affirmant n'avoir mené aucune frappe dans cette localité située dans les montagnes berbère de l'ouest du pays.
Samedi, une dizaine de pick-up des forces pro-Kadhafi est arrivée dans cette localité de 12.000 habitants aux mains des rebelles et les habitants redoutaient de nouveaux accrochages, selon un correspondant de l'AFP.
La route menant de Kikla à la frontière tunisienne est sous le contrôle des rebelles et l'enjeu pour ces derniers est maintenant de rejoindre la ville-garnison de Bir el-Ghanem, située à 60 km au nord-est de Kikla sur la route de Tripoli.
L'ancien représentant de la Libye aux Nations unies, Abderahmane Chalgham, a estimé de son côté que le dirigeant contesté Mouammar Kadhafi allait "fuir" son pays où "l'opposition gagne du terrain", dans un entretien au quotidien arabophone Echorouk.
Selon lui, les "choses vont s'accélerer cette semaine", en raison de "cassures internes au sein des brigades sécuritaires à Tripoli et la démission de plusieurs personnalités du gouvernement".
Depuis mi-février, le conflit a fait entre "10.000 et 15.000" morts et obligé près de 952.000 personnes à prendre la fuite, selon des organisations internationales.
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