Sept personnalités ciblées dans l'Union européenne, deux autres aux �?tats-Unis: l'UE et Washington ont infligé lundi une série de sanctions financières à des hauts responsables de l'appareil sécuritaire de la République démocratique du Congo, accusés de violences ou d'entrave au processus électoral.
A huit jours de la fin du mandat du président congolais Joseph Kabila, les sanctions du Trésor américain visent son ministre de l'Intérieur Evariste Boshab et le chef de l'Agence nationale de renseignement (ANR), Kalev Mutondo, accusés de "saper le processus démocratique" en RDC.
Elles complètent la "liste noire" de Washington, où ont déjà été inscrits cette année les hauts responsables de l'armée et de la police congolaise Gabriel Amisi Kuma, Célestin Kanyama et John Numbi...Trois noms également dans le collimateur de l'UE depuis ce lundi.
A Bruxelles, en vertu d'une décision des 28 ministres des Affaires étrangères de l'UE, un total de sept responsables sécuritaires congolais se retrouvent interdits de séjour et avec des comptes bancaires gelés dans l'Union.
C'est la première fois que l'UE accuse explicitement des proches de Joseph Kabila, mis en cause principalement pour la répression meurtrière des manifestations d'opposants à Kinshasa les 19 et 20 septembre.Ces violences ont fait une cinquantaine de morts.
Ces sanctions "sont illégales car elles procèdent d'une sorte de droit impérial qui est aux antipodes du droit international", a immédiatement réagi auprès de l'AFP le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, en promettant des suites judiciaires.
Sont visés par les mesures européennes "quatre membres de la garde républicaine, de l'armée ou de la police congolaise", auxquels sont imputées "de graves violations des droits de l'homme" les 19 et 20 septembre, a souligné dans un communiqué le Conseil de l'UE, qui représente les 28.
Il s'agit d'Ilunga Kampete, Gabriel Amisi Kumba, Ferdinand Ilunga Luyoyo et Célestin Kanyama.
Les identités ont été publiées dès lundi au JO de l'Union européenne, signifiant l'entrée en vigueur immédiate des sanctions.
Vient ensuite un autre groupe où figurent John Numbi, Roger Kibelisa et Delphin Kaimbi, à qui il est reproché de "faire obstacle" à la tenue d'élections "notamment par des actes de violence, de répression ou d'incitation à la violence".
- "Tout faire pour organiser des élections" -
Tous sont sanctionnés au moment où des négociations de la dernière chance sont menées, sous l'égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), pour trouver un accord sur une transition politique jusqu'à l'élection du successeur du président.
Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, ne donne aucun signe de vouloir en partir, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.
Le 20 décembre marque la fin de son mandat, mais l'élection présidentielle n'aura pas lieu cette année comme initialement prévu, ce que l'opposition dénonce depuis des mois.
Selon le Trésor américain, le ministre de l'Intérieur Evariste Boshab aurait "offert de payer des membres de l'Assemblée nationale pour leurs votes" et aurait "dit à des responsables de quitter leur poste s'ils soutenaient l'opposition".
Dans leurs conclusions, les 28 ministres européens assurent que "l'UE suivra avec une attention accrue l'évolution politique cruciale que connaîtra la RDC dans les prochaines semaines".
"Des mesures restrictives supplémentaires pourront être envisagées en cas d'obstruction du processus politique ou de nouvelles violences", ajoute leur texte.
"Nous craignons vraiment une escalade de la violence", a fait valoir lundi le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault, estimant que M. Kabila avait une responsabilité particulière pour éviter ce scénario.
"Ca dépend beaucoup des décisions qu'(il) sera amené à prendre dans les prochains jours, c'est-à-dire le respect de sa Constitution, l'engagement à ne pas se représenter et tout faire pour organiser de nouvelles élections", a ajouté M. Ayrault.
Didier Reynders, son homologue belge, a assuré qu'au-delà des sanctions liées aux violences de septembre, l'UE voulait aussi marquer son "soutien au dialogue inclusif de la Cenco pour aller aux élections".
La RDC, qui n'a connu aucune transition pacifique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique en 1960, a été ravagée par deux guerres entre 1996 à 2003, et sa partie orientale, où sévissent encore une cinquantaine de milices, reste déchirée par les conflits
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