La RDC au ralenti à la veille de la fin du mandat de Kabila

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Kinshasa (AFP)

La plupart des grandes villes tournaient au ralenti lundi en République démocratique du Congo, où des millions d'habitants ont jugé prudent de rester chez eux à la veille du terme du mandat du président Joseph Kabila.

Dans la capitale, la situation était très tendue et confuse à l'Université de Kinshasa (Unikin) où des dizaines de policiers armés et de soldats ont contenu un groupe de plusieurs centaines d'étudiants, selon des journalistes de l'AFP.

Dans l'est du pays, déchiré par les conflits armés depuis plus de vingt ans, cinq rebelles, un Casque bleu sud-africain et un policier congolais ont été tués dans des combats pour contrer l'attaque d'une milice contre plusieurs bâtiments de la ville de Butembo, dont la prison.

Hormis l'université, Kinshasa, bouillonnante mégapole de 10 millions d'habitants, avait tout d'une ville morte alors que l'opposition conteste la volonté du chef de l'�?tat de se maintenir au pouvoir en attendant l'élection d'un successeur.

Coutumière des violences meurtrières à caractère politique, la capitale était quadrillée par des policiers et soldats, plus nombreux que les passants dans certains quartiers.

Les journalistes souhaitant couvrir la situation à l'Unikin en ont été empêchés par les forces de l'ordre ou par des jeunes agressifs.

Joints par téléphone, des étudiants ont déclaré à l'AFP avoir eu l'intention de "marcher pacifiquement" jusqu'au Parlement pour demander le départ de M. Kabila et en avoir été bloqués par les forces de l'ordre.

Des sources sécuritaires ont affirmé au contraire que les étudiants étaient armés de cocktails Molotov.

Fief de l'opposant en exil Moïse Katumbi, candidat à la prochaine présidentielle, Lubumbashi, deuxième ville du pays, dans le sud-est, était également sous la coupe réglée des forces de l'ordre, selon le correspondant local de l'AFP.La circulation était faible et la plupart des commerces fermés.

- Appels au calme -

Dans tout le pays, les réseaux sociaux étaient filtrés ou coupés, selon les opérateurs, sur ordre des autorités depuis minuit.

Dimanche, la police nationale avait annoncé qu'elle ne tolérerait aucun rassemblement de plus de dix personnes.

A Goma (est), l'activité économique était quasi nulle.Un journaliste de l'AFP a vu en début de matinée des policiers disperser sans violence un groupe de huit jeunes gens qui discutaient.

Kisangani, la grande ville du nord-est, tournait au ralenti, selon un journaliste de l'AFP.Là aussi, les forces de l'ordre étaient présentes en nombre.

A Butembo (est), la population a été réveillée par des détonations et des rafales d'arme automatique.Cette ville de 1,1 million d'habitants a vu apparaître récemment des milices dont certains combattants ont affirmé vouloir chasser du pouvoir le président Kabila.

A Mbuji-Mayi (centre), bastion de l'UDPS, formation de l'opposant historique �?tienne Tshisekedi, et troisième ville du pays, "les enfants ne sont pas allés à l'école" mais "quelques taxis-motos (ont commencé) à circuler", selon Denis Kalombo, président de la fédération locale de l'UDPS.

La situation politique est extrêmement tendue depuis des mois en RDC.

Samedi soir, les évêques catholiques du pays ont annoncé la suspension de leur médiation en vue de permettre une sortie apaisée de la crise politique qui ronge le Congo depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011.

Ces négociations en vue de l'instauration d'un régime de transition politique sont censées reprendre mercredi.

�?gé de 45 ans, M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, et la Constitution lui interdit de se représenter.Ses détracteurs l'accusent d'avoir tout fait pour torpiller le processus électoral et de vouloir se maintenir au pouvoir à vie.

Avant l'ouverture des pourparlers sous l'égide des évêques, la coalition du Rassemblement constituée autour de M. Tshisekedi avait menacé de jeter la population dans la rue le 19 décembre pour chasser M. Kabila du pouvoir en cas d'échec des négociations.

Le Rassemblement n'a cependant donné aucun mot d'ordre en ce sens après la suspension des discussions, mais des tracts appelant à la révolte ont circulé à Kinshasa.

Craignant que la RDC, �?tat-continent de 70 millions d'habitants ravagé par deux guerres entre 1996 et 2003, ne replonge dans une spirale de violence incontrôlable, la communauté internationale multiplie les appels au calme.

A Paris, un porte-parole du Quai d'Orsay a exprimé lundi sa "profonde préoccupation" sur la situation en RDC, et appelé "l'ensemble des parties au rejet de la violence et à la recherche d'une solution pacifique à la crise".

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