Les coupures d'électricité exacerbent la colère contre le pouvoir au Sénégal

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DAKAR (AFP) - (AFP)

La capitale sénégalaise Dakar s'est enflammée dans la nuit de lundi à mardi, des habitants exaspérés par les coupures d'électricité incendiant plusieurs bâtiments publics cinq jours après des manifestations contre le président Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis 11 ans.

Le calme est revenu mardi.Aucun bilan n'a été donné sur d'éventuels blessés ou arrestations.

La Société nationale d'électricité (Sénélec, publique) a été la principale cible des manifestants, qui ont aussi saccagé d'autres bâtiments publics.

Depuis cinq jours, dix des agences de la Sénélec ont été détruites à Dakar et ses banlieues, ainsi qu'à Keur Massar, Mbour et Thiès, villes situées à l'est de la capitale, a précisé à l'AFP un responsable de la société.

Jusqu'à tard dans la nuit, des habitants en colère, pour la plupart des jeunes, ont bloqué la circulation sur plusieurs axes routiers pendant plusieurs heures en érigeant des barricades, allumant des feux avec des pneus, branchages ou morceaux d'étals.

Les premiers rassemblements, dès lundi après-midi dans différents quartiers, avaient été dispersés par des forces de l'ordre, sporadiquement contraintes à des courses-poursuites dans les rues.

Des scènes d'émeutes similaires se sont produites lundi à Mbour, ville du littoral à environ 80 km au sud-est de Dakar, où les habitants ont affirmé être restés 48 heures sans électricité.

Selon des journaux privés et des médias en ligne, des "émeutes des délestages" ont également eu lieu lundi à Thiès (ouest), Mbacké et Kaolack (centre).

Le Sénégal est en proie à des coupures régulières d'électricité depuis des mois, qui se sont aggravées ces dernières semaines, durant parfois deux jours d'affilée dans certaines zones.Ces délestages, qui touchent la plupart des villes, ont un impact négatif sur l'activité économique.

Dans un communiqué transmis mardi à l'AFP, la Sénélec explique faire "face depuis quelques jours à un déficit de production important qui entraîne de nombreux délestages", et présente ses excuses, se disant "consciente des nombreux désagréments occasionnés par la situation actuelle".

Ces émeutes interviennent après des manifestations dans tout le pays, le 23 juin, provoquées par un projet du président Abdoulaye Wade visant à permettre, dès février 2012, l'élection simultanée d'un président et d'un vice-président avec un minimum de 25% des voix au premier tour.

A Dakar, alors que ce projet de loi controversé était discuté à l'Assemblée nationale, ces manifestations avaient tourné à l'émeute, faisant au total 102 blessés, dont 13 policiers selon la police.

Le président Wade, 85 ans, au pouvoir depuis 2000 et candidat à sa propre succession en 2012, avait finalement renoncé à faire voter le texte.

Mais l'opposition et la société civile, y compris les chanteurs Youssou Ndour et Didier Awadi, exigent désormais qu'il ne se représente pas en 2012.

"Emeutes de l'électricité: le courant ne passe plus entre Wade et le peuple", titrait mardi le quotidien privé WalFadjri.

Mardi soir, le "Mouvement du 23 juin", coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile a appelé à la poursuite des manifestations contre la candidature du président Wade à un nouveau mandat.

Le chef de l'Etat n'a fait aucune déclaration publique depuis les derniers évènements qui devraient le retenir à Dakar alors que débute jeudi un sommet de l'Union africaine (UA) en Guinée équatoriale auquel il ne participera pas, selon des sources concordantes à Malabo.

Joint par l'AFP, un responsable à la présidence sénégalaise a indiqué que rien n'était encore arrêté à ce sujet.

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