Soudan: le chef d'une milice du Darfour arrêté

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Khartoum (AFP)

Le Soudan a arrêté le puissant chef d'une milice du Darfour, que les Nations unies accusent d'atteintes aux droits de l'Homme dans cette région en conflit, a indiqué lundi l'agence officielle SUNA.

Moussa Hilal, un ancien allié du président soudanais Omar el-Béchir dans la lutte contre les rebelles au Darfour, a été arrêté par une unité des Forces de soutien rapide (RSF) près de son domicile à Mustariaha (ouest du Soudan), selon SUNA, qui cite le ministre de la Défense Ali Mohamed Salem.

Son fils Habib a également été appréhendé, d'après l'agence officielle, qui ne mentionne pas la date de l'arrestation.

"Ils ont été arrêtés après des affrontements dans le secteur mais la situation sécuritaire est stable maintenant", a dit le ministre de la Défense selon SUNA, ajoutant qu'ils "seront bientôt amenés à Khartoum".

Dimanche, dix hommes des RSF dont un commandant ont été tués dans une embuscade tendue par des miliciens fidèles à Moussa Hilal près de Mustariaha (Etat du Darfour-Nord), selon l'agence officielle et ces forces contre-insurrectionnelles soudanaises.

Des accrochages ont déjà eu lieu ces derniers mois entre des hommes de Moussa Hilal, issus de la tribu arabe Mahamide, et des unités des RSF.

Le Darfour, région grande comme la France, est déchiré depuis 2003 par un conflit opposant des insurgés issus de minorités ethniques qui s'estiment marginalisées par le gouvernement central, dominé par les Arabes, à des forces progouvernementales.

Ce conflit a fait près de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés selon l'ONU, et vaut au président Béchir d'être recherché par la Cour pénale internationale pour des accusations de génocide et de crimes de guerre.

Le niveau général de violence a toutefois baissé ces derniers temps au Darfour, bien que des accrochages entre diverses milices tribales soient encore signalés.

Considérant que le conflit est maintenant terminé au Darfour, ce que des ONG contestent, le gouvernement y a récemment lancé une opération de collecte d'armes auprès des tribus, y compris de celles qu'il soutient.

Mais Moussa Hilal et ses hommes, qui ont combattu contre les rebelles aux côtés des forces gouvernementales pendant les premières années du conflit du Darfour avant qu'un différend n'éclate entre Hilal et le pouvoir, refusent de livrer leurs armes.

C'est dans le cadre de cette opération de collecte d'armes que des membres des RSF --une force controversée en raison de son rôle dans la répression au Darfour-- ont été tués dimanche par des hommes de Hilal, selon SUNA.

Moussa Hilal figure sur une liste de l'ONU de personnes sanctionnées pour avoir commis des "atrocités" quand le conflit a éclaté au Darfour.

Il est accusé par les Nations unies, des ONG et Washington d'avoir lui-même attaqué plusieurs villages et camps de déplacés et d'avoir joué un rôle prépondérant dans la mobilisation de tribus arabes progouvernementales contre les insurgés.

Moussa Hilal réfute ces accusations, assurant qu'il avait organisé une milice pour défendre des villages et terres de tribus arabes à la demande de Khartoum.

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