Au moins dix personnes ont été tuées en Centrafrique depuis dimanche à Ippy (centre) où se déroulent des affrontements meurtriers entre groupes armés, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.
"Hier (mercredi) nous avons enterré dix morts", a indiqué une source religieuse à l'AFP, ajoutant que le nombre de morts pourrait atteindre une quarantaine, civils et combattants confondus.Une source onusienne a confirmé le nombre de dix morts à Ippy, ville du centre du pays située sur l'axe Bambari-Bria.
"Pour le moment la population a abandonné les maisons", se réfugiant sur la base à Ippy de la force armée des Nations unies (Minusca), dans la mosquée et dans l'église, a indiqué une source religieuse à l'AFP, jointe par téléphone.
La Minusca a effectué une reconnaissance aérienne en hélicoptère en début d'après-midi, permettant une certaine accalmie, selon la source religieuse et le porte-parole de la Minusca, qui a de son côté "appelé les parties impliquées à cesser immédiatement ces hostilités".
Les combats opposent depuis dimanche des membres du Front Populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) alliés aux combattants de l'Unité pour la Centrafrique (UPC), à des anti-balaka alliés à une branche dissidente du FPRC, indiquent des sources concordantes.
Les anti-balaka (antimachettes) sont composés de Centrafricains à majorité chrétiens et animistes et s'opposent régulièrement aux combattants et aux civils qu'ils assimilent à des musulmans, arabes, peuls, "des étrangers" selon eux.
Le FPRC est issu du mouvement rebelle de la Séléka, à l'origine de la déstabilisation de la Centrafrique en 2013 mais qui a connu des scissions.Le FPRC compte depuis septembre un membre au gouvernement centrafricain.
Le FPRC de Nourredine Adam est allié à l'UPC d'Ali Darass depuis un accord de cessez-le-feu entre plusieurs groupes armés signé à Ippy mi-octobre.
Selon le porte-parole de l'UPC Hassan Bouba joint par l'AFP et basé à Bangui, la coalition UPC-FPRC aurait perdu sept combattants dans les affrontements.
Les anti-balaka qui s'affrontent depuis dimanche à Ippy avec la coalition FPRC-UPC sont sous le commandement du chef Gaëtan Boade, qui a créé récemment le "Rassemblement des républicains (RDR)", selon des sources concordantes.Ces anti-balakas sont alliés d'une branche dissidente du FPRC.
Le chef de cette branche dissidente, le général Azor, joint par l'AFP et basé à Bria, a dit avoir enregistré un mort et un blessé dans ses rangs à Ippy.
La Centrafrique est en proie depuis 2013 à des violences intercommunautaires après le renversement de l'ex-président François Bozizé par les milices séléka, entraînant une réaction des milices d'"autodéfense" anti-balaka.
Aujourd'hui, les groupes armés en Centrafrique s'affrontent pour le contrôle de ressources naturelles (diamants, or, bétail...) et dans d'intenses luttes politiques dans l'un des pays les plus pauvres du monde.
La Centrafrique compte environ 4,5 millions d'habitants.En raison des violences, plus de 600.000 personnes sont déplacées en Centrafrique et 500.000 sont réfugiées dans des pays voisins.
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