Libye : parachutage d'armes aux rebelles, 100 millions de dollars d'aide

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TRIPOLI (AFP) - (AFP)

Des avions français ont parachuté dans des montagnes au sud de Tripoli des armes légères destinées aux rebelles libyens, qui ont par ailleurs reçu 100 millions de dollars dans le cadre d'un fonds de soutien spécial, ont déclaré mercredi des sources officielles.

L'état-major des armées françaises a confirmé une information du journal Le Figaro qui écrivait mercredi que Paris avait recouru à de tels parachutages pour donner un coup de pouce à la rébellion.Le quotidien, qui cite "une source française haut placée", fait notamment état de lance-roquettes, de fusils d'assaut, de mitrailleuses et de missiles antichars Milan.

Début juin, la situation humanitaire était précaire dans le Djebel Nafoussa, au sud-est de la capitale libyenne, a expliqué l'armée française."On a procédé à des largages d'aide humanitaire, de vivres, d'eau et de fournitures médicales", a dit à l'AFP le porte-parole de l'état-major, le colonel Thierry Burkhard.

"Pendant les opérations, la situation des civils au sol s'est dégradée.Nous avons également largué des armes et des moyens pour leur permettre de se défendre, essentiellement des munitions", a-t-il ajouté.Il s'agissait, a précisé le porte-parole, d'"armes qui peuvent être maniées par des civils, de l'armement léger d'infanterie de type fusil".

"La situation sécuritaire s'étant dégradée, on a complété les livraisons humanitaires de quelques armes", a-t-il souligné, évoquant "quelques largages ponctuels, sur plusieurs jours, pour éviter que les civils ne soient massacrés".

Une source officieuse proche du dossier avait auparavant confirmé à l'AFP que la France avait fait passer dans cette région des armes, quarante tonnes au total, en particulier "quelques chars légers", via des parachutages et par les frontières terrestres avec des pays voisins de la Libye.

En revanche, la Grande-Bretagne a fait savoir mercredi qu'elle n'était pas favorable à la livraison d'armes aux rebelles libyens.

"Non, la Grande-Bretagne n'envisage pas de fournir des armes à l'opposition en Libye.Nous pensons que cela soulève un certain nombre de questions", Ce n'est pas quelque chose que nous devrions faire", a déclaré le secrétaire d'Etat britannique à la Défense, Gerald Howarth.

Les insurgés, qui ne sont plus qu'à une cinquantaine de kilomètres de Tripoli, le bastion du régime, se sont de leur côté emparés mardi d'un important dépôt de munitions dans une zone désertique à 25 km au sud de Zenten, au sud-ouest de la capitale, a constaté un correspondant de l'AFP.

Par ailleurs, l'organe politique de la rébellion libyenne, le Conseil national de transition (CNT), s'est vu remettre 100 millions de dollars (70 millions d'euros) dans le cadre d'un fonds de soutien spécial, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie britannique, William Hague.

"La semaine dernière, il a reçu les 100 premiers millions de dollars de dons internationaux pour payer les salaires et acheter du carburant, par l'intermédiaire du mécanisme de financement temporaire mis en place par le groupe de contact", a assuré M. Hague devant la Chambre des Communes.

Le groupe de contact sur la Libye, qui comprend tous les Etats participant à la campagne de l'Otan contre le régime de Mouammar Kadhafi, avait fait état, en mai, de la création -intervenue ce mois-ci- d'un "fonds spécial", devant notamment être alimenté par des avoirs bloqués du dirigeant libyen et de ses proches, pour aider les rebelles.

Les insurgés, qui combattent depuis la mi-février le colonel Kadhafi, s'étaient plaints à la mi-juin de n'avoir rien reçu du milliard d'euros environ promis.

Les rebelles, dont les responsables sillonnent plusieurs pays, en particulier occidentaux, à la recherche de soutiens politiques et surtout financiers, continuent en outre de marquer des points au niveau diplomatique : trois nouveaux Etats, la Bulgarie et la Croatie, et, mercredi, la République tchèque, ont ainsi reconnu le CNT en tant que représentant légitime du peuple libyen.

Le ministre libyen de la Santé Ahmed Hijazi a, pour sa part, effectué une visite en Egypte pour demander la fourniture d'une aide médicale afin de répondre à la pénurie à Tripoli.

Le conflit a fait depuis le 15 février des milliers de morts, selon le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo, et entraîné la fuite à l'étranger de près de 650.000 Libyens et le déplacement à l'intérieur de la Libye de 243.000 autres, selon l'ONU.

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