Washington et les Frères musulmans d'accord pour des contacts

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LE CAIRE (AFP) - (AFP)

Les Etats-Unis ont évoqué jeudi des "contacts limités" avec les Frères musulmans égyptiens, une ouverture saluée par la formation islamiste qui apparaît comme le mouvement politique le mieux organisé de l'Egypte post-Moubarak.

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton, en visite à Budapest, a déclaré que les Etats-Unis "continuent leur approche de contacts limités" avec ce mouvement, invoquant la nouvelle donne politique en Egypte.

"Avec le changement du paysage politique en Egypte, il est dans l'intérêt des Etats-Unis de dialoguer avec toutes les parties se montrant pacifiques et non violentes", a-t-elle expliqué.

Mme Clinton, qui répondait à la question d'un journaliste, a estimé qu'il ne s'agissait pas "d'une nouvelle politique", mais d'une pratique "adoptée par moments depuis cinq ou six ans" et que Washington "reprend".

La confrérie islamiste a rapidement répondu qu'elle était ouverte à de tels contacts, pourvu qu'ils se fassent dans un climat de "respect".

"Nous souhaitons des rencontres dans un contexte de respect", a déclaré à l'AFP un porte-parole des Frères, Mahmoud Ghozlan.

"Nous désapprouvons depuis longtemps la politique américaine de soutien aux dictateurs aux dépens du peuple dans la région" et les Etats-Unis "sont le pays occidental le plus détesté par les Arabes pour cette raison", a-t-il ajouté.

Mais "si les Etats-Unis veulent réellement respecter nos valeurs et soutenir la liberté comme ils disent vouloir le faire, alors cela ne nous pose pas de problème", a-t-il ajouté.

Le responsable islamiste a assuré qu'il n'y avait actuellement "aucune rencontre, directe ou indirecte" entre son organisation et des représentants américains.

Il a toutefois reconnu des contacts par le passé avec des députés islamistes, à l'époque -entre 2005 et fin 2010- où la confrérie disposait d'un groupe parlementaire.Ces réunions comprenaient toutefois aussi des élus d'autres formations, et se tenaient en présence du président de l'Assemblée, a-t-il souligné.

Mercredi au Caire, William Burns, l'un des plus proches collaborateurs de Mme Clinton, avait appelé les autorités égyptiennes -dirigées par un conseil militaire- à conduire "un processus politique ouvert et qui rassemble", sans toutefois évoquer les Frères musulmans.

La confrérie islamiste, fondée en 1928 et longtemps interdite bien que tolérée dans les faits, vient de former un parti politique légal pour pouvoir participer ouvertement aux élections.

Elle apparaît comme la force politique la mieux structurée depuis le renversement du régime du président Hosni Moubarak en février, et suscite des inquiétudes en Egypte et à l'étranger.

Les Etats-Unis avaient affirmé en février ne pas avoir de contact avec la confrérie, et Mme Clinton avait mis en garde contre toute "prise en otage de la part d'un parti ou d'une idéologie du processus" de transition démocratique en Egypte.

La secrétaire d'Etat a pris soin d'insister jeudi sur "l'importance des principes démocratiques", notamment le respect des minorités religieuses et des droits des femmes.

En Egypte, de nombreuses voix demandent le report des élections législatives de septembre, estimant qu'elles pourraient voir les Frères musulmans rafler la mise face à l'impréparation du reste des partis politiques.

Ces craintes se doublent d'un regain de critiques de la part des militants pro-démocratie, à l'avant-garde des manifestations anti-régime du début de l'année, contre la manière dont l'armée gère la transition.

Plus de quatre mois après la chute de M. Moubarak, de violents affrontements ont à nouveau eu lieu mardi et mercredi sur la place Tahrir au Caire entre manifestants et policiers.

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