"La Côte d'Ivoire apparaît comme un des pays les plus vulnérables de la planète à ce phénomène", a déclaré Pierre Laporte, le directeur des opérations de la Banque pour la région, cité dans le rapport économique semestriel de l'institution, intitulé "Pour que demain ne meure jamais".L'économie ivoirienne, l'une des plus dynamiques du monde depuis 2011 avec une moyenne annuelle de 8%, "devrait rester sur un sentier de croissance autour de 7 à 7,5% ces prochaines années", a estimé la BM.Mais il faut "une prise de conscience urgente et collective" et des "décisions immédiates" pour faire face au risque climatique, a plaidé M. Laporte, pour qui, en particulier, la "survie de la filière du cacao" est en jeu.Le cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial, représente 10% du PIB, un tiers des exportations, et fait vivre cinq millions de personnes (soit un cinquième de la population), selon la Banque. Le réchauffement des températures, le changement du régime des pluies et l'assèchement des terres cultivables menace directement les cultures.La BM a rappelé que la Côte d'Ivoire, qui a énormément misé sur l'exploitation de ses ressources naturelles pour se développer, "a perdu près d'un tiers de son stock de ressources naturelles depuis 25 ans", que "les forêts sont presque aujourd'hui totalement détruites". Quelque "60% des forêts ont disparu depuis 1990", en grande partie à cause de la culture du cacao.Conséquence déjà visible du réchauffement, "de nombreux villages côtiers disparaissent progressivement sous les eaux des océans". "Plus de deux tiers du littoral ivoirien est affecté par des phénomènes d'érosion côtière". Et la pêche risque de baisser de 50% à cause des changements bio-climatiques affectant l'Océan atlantique."Les coûts du réchauffement climatiques sur les infrastructures seront immenses", a encore prévenu la BM. "Les centrales électriques, les routes, les barrages hydrauliques sont tous vulnérables" et "les coûts de réhabilitation très élevés"."Comme la vaste majorité des pays du continent africain, la Côte d'Ivoire ne contribue que marginalement à l'effet de serre", et elle est donc plus victime que responsable du réchauffement du climat, a noté la BM. Mais "sans mesures adéquates", "les changements climatiques mettront en péril les progrès" de l'économie ivoirienne.
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