Le 27 octobre 1971, Ahmed Timol, enseignant communiste de 29 ans et militant anti-apartheid, avait été déclaré mort après s'être, selon la police de l'époque, jeté du 10e étage du quartier général de la police à Johannesburg, célèbre pour abriter des interrogatoires musclés.Sa famille n'a jamais cru à cette version et obtenu en 2017 la réouverture de l'enquête. En octobre 2017, la justice sud-africaine a requalifié le suicide du jeune homme en meurtre, à la lumière de nouveaux témoignages et preuves, une première dans l'histoire de l'Afrique du Sud.Le juge avait en conséquence recommandé au parquet de poursuivre Joao Rodrigues, le dernier policier à avoir officiellement vu Ahmed Timol vivant. Les autres policiers impliqués dans son interrogatoire sont aujourd'hui décédés.Lundi, Joao Rodrigues a été inculpé pour meurtre et parjure. Il a été remis en liberté en échange d'une caution de 2.000 rands (130 euros) et de l'obligation de répondre en septembre à une convocation auprès du tribunal de Johannesburg."Le tribunal pourra rendre un verdict qui peut aller jusqu'à la prison à vie", a souligné la porte-parole du procureur national, Phindi Mjonondwane.L'affaire Timol a replongé l'Afrique du Sud dans la brutalité du régime raciste de l'apartheid, qui a officiellement pris fin en 1994. Entre 1963 et 1990, 73 personnes sont mortes en garde à vue et jamais à ce jour, aucun policier n'a été tenu responsable.
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