Génocide en Namibie: l'Allemagne tente de faire annuler une procédure à New York

Infos. L'Allemagne a plaidé mardi à New York l'annulation d'une procédure judiciaire initiée par les tribus Nama et Héréro, originaires de Namibie, qui lui réclament réparation pour le génocide dont été victimes leurs ancêtres.

Génocide en Namibie: l'Allemagne tente de faire annuler une procédure à New York
La juge Laura Taylor Swain du tribunal fédéral de Manhattan a indiqué, à l'issue de l'audience tenue en présence de très nombreux représentants des deux tribus, qu'elle ne statuerait pas immédiatement, mais n'a pas fixé de date.Les deux tribus demandent réparation pour les persécutions intervenues à l'époque de l'Afrique allemande du Sud-Ouest (1884-1915), territoire devenu depuis la Namibie.Des dizaines de milliers d'Héréros et quelque 10.000 Namas ont été tués entre 1903 et 1908 après s'être rebellés contre les Allemands, qui les avaient soumis à un régime de privations et de spoliations.L'Allemagne, qui a officiellement reconnu ces exactions, négocie actuellement avec la Namibie un accord qui pourrait contenir des excuses officielles et la promesse d'aides au développement en guise de dédommagement.Mais Héréros et Namas, qui n'ont pas été invités à ces discussions, ont saisi la justice civile américaine pour obtenir directement de l'Allemagne des dommages et intérêts.Mardi, l'un des avocats de la république fédérale, Jeffrey Harris, a fait valoir que l'Allemagne bénéficiait, par défaut, du principe d'immunité d'un Etat souverain, rendant, de fait, la procédure nulle.Le principal avocat des tribus Héréro et Nama, Kenneth McCallion, avance lui que deux des trois exceptions prévues à ce principe s'appliquent en l'espèce.D'une part, l'Allemagne possède quatre bâtiments à New York, qui ont été acquis avec des fonds publics, or l'essentiel du produit des spoliations des tribus est allé à l'Etat allemand.D'autre part, un musée allemand a vendu, en 1924, une série d'ossements de victimes du génocide à un collectionneur américain qui en a ensuite fait don au musée d'histoire naturelle de New York.Jeffrey Harris a estimé que, dans le premier cas, la traçabilité des fonds était insuffisante et, dans le second, que l'achat des ossements n'équivalait pas à du commerce avec les Etats-Unis, ce qui invaliderait l'argument.

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