"Ce rassemblement envoie un message à ceux qui pensent que le Soudan va finir comme d'autres pays qui ont été détruits", a dit le président sous les acclamations de la foule.
"Nous arrêterons quiconque veut détruire nos propriétés", a-t-il ajouté.
Le président soudanais était arrivé sur les lieux du rassemblement, dans le grand jardin Green Yard de la capitale, habillé d'un ensemble chemise et pantalon khaki.Prenant la parole, il a salué ses partisans avant de s'adresser à la foule en agitant un bâton.
Après l'arrivée de M. Béchir, les téléphones ont été brouillés dans et autour de la manifestation, et l'internet coupé.
Peu après la harangue d'Omar el-Béchir face à ses partisans, des policiers ont cherché à disperser à l'aide de tirs de gaz lacrymogène quelque 300 manifestants antigouvernementaux rassemblés à Omdurman près de Khartoum.
A Khartoum, autour des manifestants pro-Béchir, des centaines de policiers anti-émeute, des soldats, des agents de sécurité, dont certains armés de fusils d'assaut, étaient déployés, a constaté un journaliste de l'AFP.
Les manifestants ont acclamé le président en criant "Dieu est le plus grand", et scandé "Oui, oui, Béchir, nous te suivons" pour accueillir le chef de l'Etat, accompagné d'un groupe de ministres et de hauts responsables gouvernementaux.
Des hommes, des femmes, des enfants, arborant des bannières de soutien à M. el-Béchir, étaient arrivés mercredi matin en bus.
-Marasme économique-
Cette manifestation était la première à Khartoum en soutien au président Béchir depuis le début du mouvement de contestation au Soudan le 19 décembre.
En plein marasme économique, le Soudan est en proie à un mouvement de contestation provoqué par la hausse du prix du pain et les pénuries.
La situation économique du Soudan se traduit notamment par de faibles réserves en devises étrangères et une inflation de 70%.
Au moins 19 personnes, dont deux membres des forces de sécurité, ont été tuées durant les manifestations, selon les autorités.Amnesty International a fait état de la mort de 37 manifestants et l'ONU a appelé à une enquête indépendante.
Les manifestations ont commencé dans plusieurs villes et villages avant de gagner la capitale Khartoum, plusieurs bâtiments et bureaux du parti du Congrès national (NCP) de M. Béchir ont été incendiés.
Les protestations se sont vite transformées en un mouvement contre le régime de M. Béchir, arrivé au pouvoir en 1989 à la faveur d'un coup d'Etat soutenu par les islamistes.
Plus de 800 manifestants ont été arrêtés depuis le début de la contestation, selon les autorités.Des responsables de l'opposition, des activistes et des journalistes ont été interpellés pour tenter de limiter l'ampleur du mouvement de protestation.
La Grande-Bretagne, la Norvège, les Etats-Unis et le Canada se sont dits "consternés par les informations faisant état de morts et de blessés graves" et par "l'usage de balles réelles contre les manifestants".
Ils ont exhorté, dans un communiqué commun mardi, Khartoum à faire de sorte qu'"une enquête indépendante et transparente sur la mort de manifestants soit menée le plus tôt possible, et que les responsables rendent des comptes".
M. Béchir, qui a ordonné à la police d'utiliser "moins de force" sur les manifestants, avait accusé mardi, sans les nommer, des "comploteurs" d'avoir été responsables des violences.
Il avait déclaré devant des soldats sur une base près de la localité d'Atbara où avait eu lieu la première manifestation en décembre: "Ce sont ceux qui ont comploté contre nous et introduit des traîtres parmi nous qui ont provoqué des incendies et causé des dégâts" lors des manifestations.
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