"Le président Trump a pris la décision de retirer nos troupes, nous allons le faire", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse au Caire avec son homologue égyptien Sameh Choukry, sans toutefois mentionner de calendrier.
Le retrait des quelque 2.000 soldats américains déployés en Syrie pour combattre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), annoncé à la surprise générale en décembre par M. Trump, est perçu comme l'illustration des contradictions de la stratégie de son administration --voire de l'absence de stratégie selon ses détracteurs.
Après avoir évoqué un départ de Syrie immédiat et complet, Washington a dû rétro-pédaler en fixant, par la voix de Mike Pompeo et du conseiller à la sécurité nationale John Bolton, des conditions qui sont loin d'être réunies: une défaite définitive de l'EI mais aussi l'assurance que les combattants kurdes ayant lutté contre les jihadistes aux côtés des Américains seront protégés.
Sur ce dernier point, la Turquie a renouvelé jeudi sa menace d'une offensive contre ceux qu'elle considère comme des "terroristes".
"Il n'y a aucune contradiction" dans la stratégie des Etats-Unis, a lancé jeudi le secrétaire d'Etat américain, évoquant "une histoire inventée de toutes pièces par les médias".
"Notre engagement à continuer de prévenir la ré-émergence de l'EI est réel, important, on va continuer à le faire.Nous allons simplement le faire différemment dans un endroit spécifique, la Syrie", où les Etats-Unis interviennent militairement depuis 2014 au sein d'une coalition antijihadistes, a-t-il ajouté.
- "Force pour le Bien" -
Au Caire, Mike Pompeo devait prononcer plus tard jeudi un discours afin de tenter de démontrer la cohérence de la stratégie américaine au Moyen-Orient.
Son titre résume le message qu'il compte faire passer: "Une force pour le Bien: l'Amérique revigorée au Moyen-Orient".
"En à peine 24 mois, les Etats-Unis, sous la présidence Trump, ont réaffirmé leur rôle traditionnel de force pour le Bien dans cette région", "on a retrouvé notre voix", "rebâti nos relations", "rejeté les fausses ouvertures faites par nos ennemis", devait-il dire, selon des extraits diffusés à la presse.
Lors de son premier voyage à l'étranger après son arrivée à la Maison Blanche, en 2017, Donald Trump avait fixé à Ryad une ligne directrice à sa politique régionale: union des alliés des Etats-Unis contre l'Iran chiite --quitte à créer des liens nouveaux entre pays arabes et Israël face à cet ennemi commun-- et lutte renforcée contre l'EI.
Parallèlement, le président américain avait promis de faire aboutir un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens, là où tous ses prédécesseurs ont échoué.
Mais depuis, ses décisions --qui correspondent à autant de promesses de campagne faites à sa base électorale-- ont brouillée les pistes et désarçonné certains partenaires.
- Sissi, "partenaire solide" -
Le départ de Syrie, où l'Iran est impliqué militairement auprès du régime de Damas, semble ainsi en contradiction avec l'intention affichée de contrecarrer l'influence iranienne et de protéger Israël.
"Les nations du Moyen-Orient ne connaîtront jamais la sécurité et la stabilité économique, et ne réaliseront jamais les rêves de leurs peuples, si le régime révolutionnaire iranien persiste sur sa voie actuelle", devait marteler Mike Pompeo dans son discours, en appelant les pays "épris de paix" à se serrer les coudes face à "l'extrémisme islamiste".
Pour cela, Washington compte s'appuyer sur ses plus proches partenaires: la Jordanie et l'Irak, où M. Pompeo s'est rendu ces derniers jours, l'Egypte, où il a rencontré jeudi matin le président Abdel Fattah al-Sissi, et les pays du Golfe où doit encore le mener sa tournée de neuf pays en huit jours.
Tout en affirmant avoir soulevé "toute la panoplie" des atteintes aux droits humains dénoncés par les ONG, le chef de la diplomatie américaine a présenté le président égyptien comme "un partenaire solide dans la lutte contre le terrorisme et une voix courageuse dans la dénonciation de l'idéologie islamiste radicale qui l'alimente".
Avant d'aller à Ryad dans les prochains jours, il devrait aussi confirmer la solidité de l'alliance avec l'Arabie saoudite, malgré le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dont la responsabilité a été imputée par le Sénat américain au puissant prince héritier Mohammed ben Salmane.
D'autres décisions de Donald Trump ont compliqué la donne, comme la sortie de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, qui a froissé les alliés européens de Washington, et la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d'Israël, qui a conduit les Palestiniens à dénier aux Etats-Unis leur rôle traditionnel de médiateur.
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