Le 3 mars 2017, au petit matin, Jean-Paul Gouzou avait appelé les gendarmes de Figeac (sud-ouest) pour leur signaler qu'il venait de tuer Djeneba Bamia, son épouse malienne de 20 ans sa cadette.A l'arrivée des forces de l'ordre dans sa ferme, la dépouille de la jeune femme gisait près de sa voiture. "Je m'excuse auprès de mes enfants et de la famille de Djeneba", a-t-il déclaré à la barre à l'ouverture de son procès. "J'ai tué la femme que j'ai aimée le plus dans ma vie, la mère de mes trois enfants". Tout au long de l'enquête, cet ancien officier de réserve dans la gendarmerie a pourtant maintenu que tuer était "la seule solution", ajoutant que si c'était à refaire, il le referait.Il ne supportait pas que son épouse, dont il vivait séparé depuis un an, prépare un voyage au Mali avec leurs trois enfants et son nouveau compagnon.Pour Me Anne Bouillon, l'avocate de la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF), partie civile au procès, il s'agit d'un dossier exemplaire de féminicide. Eleveur à la retraite, Jean-Paul Gouzou avait rencontré Djeneba Bamia, technicienne vétérinaire, lors d'un voyage professionnel en 2006 au Mali. Le couple s'était marié en 2008 et avait eu un garçon et deux filles.Mais en 2016, les époux se sont séparés, sur fond "de violences psychologiques et de brimades", rapportera pendant l'enquête une amie de la victime sous le nom d'emprunt de Nicole qui dénonce l'inertie des institutions pourtant alertées par la victime.Jean-Paul Gouzou n'avait par exemple pas le droit de détenir une arme. Il faisait l'objet depuis le mois d'avril 2017 d'une ordonnance de protection le lui interdisant, après une plainte pour violences de son ex-compagne. En 2017 en France, 130 femmes ont été tuées par leur conjoint, ex-conjoint, petit ami, amant ou ex-amant, contre 123 en 2016, soit plus d'une tous les trois jours, selon les derniers chiffres du gouvernement.Le verdict est attendu vendredi en fin de journée.
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