Fin de l'attaque à Nairobi, les familles en quête des disparus

Infos. Les forces de sécurité kényanes ont passé au peigne fin mercredi le complexe hôtelier de Nairobi où un commando de cinq islamistes radicaux a semé la terreur mardi et mercredi, tuant au moins 14 personnes, selon un bilan provisoire.

Fin de l'attaque à Nairobi, les familles en quête des disparus

Dans la matinée, le chef de l'Etat Uhuru Kenyatta est venu annoncer à la presse la fin de cette attaque - revendiquée par les islamistes radicaux somaliens shebab - à l'issue d'un siège de 20 heures.

Selon le chef de la police du pays, Joseph Boinnet, les assaillants étaient au nombre de cinq et sont tous morts: l'un d'eux, un kamikaze, s'est fait exploser près de l'entrée de l'hôtel Dusit au début de l'opération.Quatre autres ont été abattus par les forces de l'ordre dans la nuit et à l'aube.

Des images de vidéosurveillance diffusées par les médias kényans montrent quatre hommes équipés d'armes automatiques et de grenades progresser calmement dans le complexe.

Les derniers assaillants abattus "portaient tous les deux des foulards rouges sur le front et des cartouches étaient attachées autour de leur poitrine (...) ils avaient chacun un (fusil d'assaut) AK-47", a rapporté à l'AFP une source policière.

Mercredi, alors que l'enquête débutait véritablement, les policiers se sont lancés dans une opérations de ratissage de l'hôtel tandis que des démineurs étaient mis à contribution.

"Les démineurs vont détoner des grenades laissées par les terroristes", a expliqué M. Boinnet."Le public ne devrait pas céder à la panique s'il entend des explosions en provenance de cette zone".

Le président kényan a fait été de 14 morts.De son côté, une source à la morgue a indiqué à l'AFP que quinze dépouilles avaient été enregistrées: 11 Kényans, un Américain, un Britannique, et deux personnes dont la nationalité n'a pu être établie.

Un des membres du commando a été identifié et la maison dans laquelle il vivait à Ruaka, une commune populaire située au nord de Nairobi, a été perquisitionnée mercredi.

Deux suspects ont par ailleurs été arrêtés, l'un dans le quartier majoritairement somalien d'Eastleigh, l'autre à Ruaka, a annoncé à l'AFP le directeur des enquêtes criminelles George Kinoti.

- Des proches sans nouvelles -

Cet attentat a replongé les habitants de Nairobi dans le traumatisme de l'attaque du centre commercial Westgate en 2013, qui avait fait 67 morts lors d'un siège de quatre jours.L'intervention des forces de sécurité avait alors été vivement critiquée.

Mercredi, M. Kenyatta a salué leur travail : "Plus de 700 civils ont été évacués du complexe depuis le début de l'attaque jusqu'aux petites heures du matin".

La brigade antiterroriste était arrivée rapidement sur place, à bord d'un véhicule blindé et les opérations de mise en sécurité des personnes prises au piège dans les bureaux ont semble-t-il été bien coordonnées.

En revanche, des proches des victimes rassemblés devant la morgue Chiromo, située à quelques centaines de mètres à peine des lieux de l'attaque, s'impatientaient mercredi de ne pouvoir accéder à l'intérieur des locaux pour déterminer si leur parent faisait partie des victimes.

"Je suis ici depuis 06H00 du matin, je suis quasi sûr que mon beau-frère est mort mais j'aimerais qu'on nous laisse voir son corps, parce qu'on doit en être sûr", se désespérait Francis Magutu, 35 ans.

"Ma soeur n'est dans aucun hôpital et la dernière fois que nous nous sommes parlé, elle a soudainement commencé à pleurer et crier, et j'ai pu entendre des coups de feu", a déclaré en larmes une femme nommée Njoki."Nous n'avons aucun doute, son corps est là".

Dans le centre de Nairobi, plusieurs dizaines de personnes faisaient la queue pour donner leur sang sur le site du Mémorial du 7 août, là où l'ambassade des Etats-Unis avait été détruite dans un attentat en 1998 revendiqué par Al-Qaïda.

- Attablés sur une terrasse -

Un photographe de l'AFP avait vu mardi les cadavres de cinq victimes, affalées sur leurs tables à la terrasse d'un restaurant.Non loin gisait le corps d'un kamikaze qui avait fait exploser sa ceinture d'explosifs.

Le complexe DusitD2 abrite un hôtel d'une centaine de chambres appartenant au groupe thaïlandais Dusit Thani, des restaurants et plusieurs immeubles de bureaux dans un cadre verdoyant, près du centre la capitale kényane.

L'attaque a suscité une vague de condamnations, du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, au président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki, et de l'Union européenne.

Le Kenya a déjà été la cible d'attentats jihadistes de grande ampleur.Le 7 août 1998, l'attentat contre l'ambassade américaine avait fait 213 morts et 5.000 blessés.

Depuis l'entrée en octobre 2011 de l'armée kényane en Somalie pour combattre les shebab, le pays a été durement touché.Après l'attaque du Westgate le 21 septembre 2013, un commando a abattu de sang-froid 148 personnes à l'université de Garissa (est), pour la plupart des étudiants, le 2 avril 2015.

Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebab ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions.Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides.

Ils ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 20.000 hommes de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), à laquelle contribue le Kenya.

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