10 à 20 ans de prison requis pour l'agression mortelle du fils du président tchadien

Infos. ...

NANTERRE (AFP) - (AFP)

Des peines de dix à vingt ans d'emprisonnement ont été requises mardi à l'encontre de cinq hommes accusés d'avoir pris part en juillet 2007 à l'agression mortelle du fils du président tchadien Idriss Deby devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine.

Le 2 juillet 2007, Brahim Deby, 27 ans, était découvert agonisant dans le parking de son immeuble de Courbevoie (Hauts-de-Seine), après avoir été attaqué au pistolet à impulsions électriques Taser par quatre faux policiers, son corps couvert de poudre d'extincteur.

Ivre et drogué après une soirée passée en boîte de nuit, il avait succombé à une détresse respiratoire.Son appartement avait été soigneusement fouillé par ses assaillants et ses poches remplies de 50.000 euros, vidées.

Pour l'avocat général, Jean-Louis Bernadeaux, les cinq accusés "alléchés par l'odeur de l'argent" ont vu en Brahim Deby "leur ticket de loto gagnant", "plus facile à braquer qu'une banque, pas de vigiles, pas de sas d'entrée ni de billets piégés".

Quatre des accusés comparaissent pour "vol avec violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner", le cinquième est jugé pour "complicité".Seulement deux d'entre eux ont reconnu les faits.

L'avocat général a requis vingt ans de prison contre le loueur de voitures de luxe en difficulté financière, ainsi qu'à l'encontre d'un de ses employés choisi pour sa corpulence, ne parvenant pas à distinguer, lors du procès, qui des deux "était le mauvais génie".

Une peine de 16 ans de prison a été réclamée contre les deux autres agresseurs présumés.Pour le cinquième homme, accusé d'avoir renseigné les quatre agresseurs sur l'adresse et l'emploi du temps de la victime, l'avocat général a requis 10 ans d'emprisonnement car "sans ses informations indispensables, l'agression n'aurait pas eu lieu".

"Non ce ne sont pas des braqueurs mais des escrocs qui décident de passer au vol armé.Toutefois, cela ne les rend pas moins dangereux", a estimé l'avocat général, appelant la cour à apprécier leur "détermination et leur patience" dans la préparation de leur agression.

"Tous ont eu un rôle actif, après concertation commune.Le scénario violent était prévu, pas son issue", a ajouté M. Bernadeaux.

A l'ouverture du procès, le train de vie somptuaire du fils du président tchadien, grand amateur de femmes, de boîtes de nuits et de paradis artificiels, avait été pointé par le président de la cour d'assises pour chercher à savoir si son "mode de vie pouvait en partie expliquer les faits".

"Est-ce que quelque chose justifie qu'on laisse un enfant sur le carreau, se sentant mourir?Vous écarterez qu'il ait involontairement participé à son décès", a plaidé l'avocat de la famille Deby, Me Pierre Haïk.

L'avocat s'est fait l'écho de la "parole d'un père (le président tchadien Idriss Deby Itno, ndlr) qui souffre en silence et s'interroge" sur cet "acte marqué par la détermination" de ses agresseurs.

A l'issue de la plaidoirie, l'un des oncles de Brahim a tenu à prendre la parole pour demander à la cour de ne pas "diaboliser un mort"."Brahim est mort en croyant qu'il était comme tout le monde, il a oublié qu'il était le fils du président du Tchad", a-t-il estimé.

Le verdict est attendu mercredi.

Newsletter

Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Les rendez-vous santé
Nos applications
Facebook
Twitter
Instagram
10 à 20 ans de prison requis pour l'agression mortelle du fils du président tchadien