Dix jours après avoir été ciblée en territoire malien par l'armée mauritanienne, la branche maghrébine d'Al-Qaïda a riposté en menant à son tour une attaque contre cette armée dans le sud-est de la Mauritanie qui s'est soldée par plusieurs morts.
L'attaque d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) s'est produite mardi après-midi près de la ville de Bassiknou, à proximité de la frontière malienne.
"Plusieurs véhicules de terroristes" y ont participé, a affirmé une source militaire mauritanienne, mais l'armée "a pris l'initiative sur eux", a-t-elle ajouté en précisant que l'aviation était intervenue.
Le raid visait une base d'un groupement spécial de lutte anti-terroriste de l'armée mauritanienne et a duré "moins d'une heure", selon cette source.
Il y a eu "une vingtaine de morts parmi les assaillants, une dizaine de prisonniers" et "au moins trois véhicules" détruits, avait-t-elle ajouté.
Quatre soldats mauritaniens ont été blessés et admis à l'hôpital de Bassiknou, selon une source hospitalière.
Ce bilan n'avait pas été confirmé mercredi par l'état-major de l'armée mauritanienne et a été démenti par un porte-parole d'Aqmi qui a cependant reconnu que deux membres de l'organisation, un Algérien et un Malien, avaient été tués.
"Les moudjahidine ont perdu deux de leurs combattants: l'Algérien Eness Abou Fatima Aljazairi et Abdel Halim Al Azawadi, originaire des tribus arabes du nord du Mali", a déclaré ce porte-parole joint dans le nord du Mali par l'Agence Nouakchott Informations (ANI, agence de presse en ligne privée).
Selon ce porte-parole qui n'a pas donné de bilan sur le nombre de victimes mauritaniennes éventuelles, Aqmi a réussi à récuperer le corps du Malien, mais celui de l'Algérien est resté sur le terrain.
Une source militaire mauritanienne a confirmé que l'armée avait récupéré le corps de l'Algérien.
Le porte-parole d'Aqmi a par ailleurs affirmé que les autres membres du commando ayant participé à l'attaque avaient "regagné leurs bases sains et saufs".Aqmi possède plusieurs bases dans le nord du Mali.
Une course-poursuite s'était engagée mardi soir entre l'armée mauritanienne et les assaillants après leur raid, en territoires mauritanien et malien.
Le calme était revenu mercredi dans la région de Bassiknou, mais l'armée mauritanienne a installé ses forces autour de la ville et le long de la frontière pour "parer à toute éventualité", a indiqué à l'AFP une source militaire.
Cette attaque d'Aqmi en Mauritanie a été menée dix jours après une opération de l'armée mauritanienne contre une base de l'organisation dans la forêt du Wagadou située à l'ouest du Mali, non loin de la frontière mauritanienne.
L'état-major mauritanien avait indiqué avoir tué 15 djihadistes et perdu deux soldats au cours de ce raid du 24 juin.
La base d'Aqmi ciblée abritait de "l'armement lourd anti-char et anti-aérien" et constituait une "menace" pour la Mauritanie, avait affirmé l'état-major.Elle avait été "totalement" détruite dans ce raid mené par les seuls soldats mauritaniens, selon la même source, suivi par des opérations de ratissage menées conjointement avec l'armée malienne.
Aqmi avait pour sa part affirmé que ce raid s'était soldé par la mort "d'au moins vingt" soldats mauritaniens tués par un groupe de 15 hommes commandés par Khaled Al-Chinghity, un Mauritanien.Elle avait admis avoir perdu deux combattants.
La Mauritanie et le Mali sont parmi les pays les plus touchés par les activités d'Aqmi, avec le Niger et l'Algérie où cette organisation a ses racines.De ses bases au Mali, elle organise dans le Sahel des attentats et des enlèvements - essentiellement d'Occidentaux - ainsi que divers trafics.
Aqmi retient depuis la mi-septembre 2010 quatre Français enlevés dans le nord du Niger, ainsi qu'une Italienne enlevée le 2 février dans le sud de l'Algérie.
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