Des centaines d'enseignants se sont rassemblés près du ministère de l'Éducation à Khartoum pour protester contre la mort de l'un de leurs collègues la semaine dernière dans l'État de Kassala (est), selon des témoins qui ont précisé que la police a tenté de les disperser à l'aide de gaz lacrymogène. Ahmed al-Kheir, un enseignant de 36 ans, membre d'un des partis présents au gouvernement, est mort la semaine dernière en détention, quelques jours après avoir été arrêté pour ses liens avec les manifestations antigouvernementales, avait indiqué samedi un de ses proches à l'AFP. Le Soudan est secoué par un mouvement de contestation inédit, déclenché le 19 décembre par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain. Les manifestations se sont rapidement répandues dans le pays et se sont transformées en mouvement de protestation contre M.Béchir, arrivé au pouvoir en 1989 après un coup d'État soutenu par les islamistes. Le chef d'État soudanais a refusé de démissionner et attribué les violences lors des manifestations à des "conspirateurs". Selon un bilan officiel, 30 personnes sont mortes depuis le début du mouvement. L'ONG Human Rights Watch (HRW) parle de 51 morts.Au son du principal slogan de la contestation, "Liberté, paix et justice", les enseignants ont brandi des photos de leur collègue décédé en détention. Ahmed al-Kheir était membre du Parti du congrès populaire, formation islamiste présente au gouvernement, mais avait réclamé une enquête sur la mort de manifestants. Mardi, environ 200 avocats se sont également rassemblés pour une marche séparée à Khartoum mais ont été dispersés au gaz lacrymogènes, selon l'un d'entre eux. "Nous voulions remettre une pétition au chef du pouvoir judiciaire pour demander la liberté d'expression et la libération de détenus", a déclaré à l'AFP cet avocat, sous couvert d'anonymat. "Mais les forces anti-émeutes ont tiré des gaz lacrymogènes et nous avons dû nous disperser". Des centaines de médecins ont par ailleurs organisé des sit-ins dans différents hôpitaux soudanais. Des vidéos les montrant avec des bannières demandant la démission de M. Béchir ont circulé sur les réseaux sociaux. La police a également fait usage de gaz lacrymogène contre une marche séparée, lancée par des diplômés de l'université de Khartoum, ont affirmé des témoins.
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