Les représentants de l'Union africaine ont tenu mercredi à Addis Abeba des pourparlers infructueux sur l'approbation d'un plan de sortie de crise pour aider Madagascar à tenir des élections et mettre ainsi fin à plus de deux ans de crise politique.
Les parties ne sont pas parvenues à une résolution, un accord devrait être formalisé dans les semaines à venir, a déclaré le directeur du Conseil pour la Paix et la Sécurité de l'UA, El-Ghassim Wane.
La feuille de route avait été approuvée le mois dernier par la Communauté des pays d'Afrique australe (SADC) qui assure la médiation pour sortir la Grande île de l'impasse politique déclenchée, en mar 2009, par le renversement du président Marc Ravalomanana.
Ce dernier, aujourd'hui exilé en Afrique du Sud, et deux autres anciens présidents ont refusé de signer cette feuille de route qui leur interdit de rentrer à Madagascar.
"Le président actuel n'est pas en faveur de cette mesure" d'exil a indiqué l'émissaire pour la Paix et la Sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra.
Après les travaux d'Addis Abeba, le principal médiateur médiateur dans la crise malgache au nom de la SADC, l'ancien président du Mozambique Joachim Chissano, a déclaré que Marc Ravalomanana devrait être autorisé à retourner à Madagascar.
"Il devrait être autorisé à retourner dans son pays et il devrait lui être permis de participer à la politique locale", a dit M. Chissano.
Joachim Chissano parlait à l'issue d'une rencontre entre des responsables de la SADC et du Conseil pour la paix et la sécurité de l'UA (Union Africaine) sur un plan destiné à organiser des élections à Madagascar et destinées à mettre fin à l'impasse politique dans le pays.
A Madagascar, Marc Ravalomanana a été condamné par contumace à la prison à vie pour le meurtre de manifestants par la garde présidentielle durant les manifestations qui avaient conduit à son renversement.
Un représentant de l'Ambassade de Madagascar au Kenya a indiqué à l'AFP que son pays se réserve le droit de rejeter la feuille de route, indiquant que son pays n'allait pas se laisser dicter "la conduite à tenir" par la SADC.
La feuille de route renforce la position du nouveau président Andry Rajoelina en l'instituant président du gouvernement de transition avec la mission de conduire le pays vers de nouvelles élections.
Les 15 Etats membres de la SADC ont déjà montré leur incapacité à convaincre Andry Rajoelina, qui avait pris le pouvoir avec le soutien de l'armée, à signer un accord de partage du pouvoir conclu en août 2009.
De son côté, M. Rajoelina n'a pas réussi par ses propres initiatives à obtenir un soutien suffisant à l'interieur du pays, ni au niveau international.
Isolé sur le plan international depuis le coup d'Etat de 2009, l'économie de Madagascar a été dévastée.Le pays a notamment perdu 600 millions d'euros par an d'aide de l'Union européenne et la croissance qui était de de 7,1% en 2008 est tombée à 2%.
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