Indépendance du Sud-Soudan: le compte à rebours a commencé

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JUBA (Soudan) (AFP) - (AFP)

Le Sud-Soudan va proclamer samedi son indépendance, se séparant ainsi du reste du Soudan avec lequel les relations ont été marquées par des décennies de conflit.

Le Soudan a reconnu vendredi la future République du Sud-Soudan, bien que des questions clés doivent encore être réglées entre les deux pays, comme le statut de provinces frontalières contestées.

A la veille des célébrations, l'heure était à l'euphorie dans la capitale sudiste Juba, où des soldats et civils, dont des groupes de femmes, défilaient dans le centre-ville sous la chaleur écrasante, certains habillés en costume traditionnel, d'autres dansant ou battant le tambour.

Non loin d'eux, des ouvriers terminaient les derniers préparatifs sur le lieu prévu des cérémonies, le mausolée de John Garang, le chef des rebelles sudistes, mort quelques mois après l'accord de paix en 2005 qui avait mis fin des décennies de guerre civile avec Khartoum.

"Je suis tellement heureux d'obtenir mon indépendance, c'est pour cela que je suis ici", affirme Jhawawar Dawson, 28 ans, qui s'est porté volontaire pour participer aux travaux.

"Je veux souhaiter la bienvenue à toutes les nations qui viennent célébrer cet événement, je veux montrer le meilleur de notre pays", ajoute-t-il.

Des millions de Sud-Soudanais célèbreront samedi la naissance de la plus jeune nation au monde, aux côtés de dirigeants étrangers, dont 30 leaders africains, et du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

"Le peuple du Sud-Soudan a réalisé son rêve.L'ONU et la communauté internationale continuera à rester au côté du Sud-Soudan", a déclaré Ban Ki-moon à son arrivée à l'aéroport de Juba, en se disant "très heureux d'être là".

Les cloches des églises dans le sud majoritairement chrétien sonneront vendredi à minuit (21H00 GMT) pour donner le coup d'envoi des festivités.

Au programme: parades militaires, prières, une cérémonie durant laquelle le drapeau de la République du Sud-Soudan sera hissé et le premier président du pays, Salva Kiir, paraphera la Constitution transitoire.

Le président du Soudan Omar el-Béchir, sous le coup de mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) notamment pour génocide, a confirmé qu'il allait assister à la cérémonie, souhaitant que le nouveau pays soit "stable et sûr".

Des responsables sudistes ont affirmé qu'il était l'invité d'honneur.

Mais le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, qui représentera la France aux cérémonies, a annoncé qu'il essaierait d'éviter le président soudanais en restant aux côtés des dirigeants internationaux comme son homologue britannique William Hague.

"Ce n'est pas parce que Béchir est présent qu'il faut renoncer à manifester notre soutien" à la création d'un nouveau pays, a-t-il néanmoins dit.

Le Soudan a reconnu vendredi la République du Sud-Soudan, "comme un Etat indépendant, sur les frontières du 1er janvier 1956", figurant parmi les premiers pays à le faire, et s'est "engagé à mettre en oeuvre l'accord de paix (de 2005, NDLR) et à régler toutes les questions post-référendaires".

Le président allemand, Christian Wulff, a également officiellement reconnu vendredi le Sud-Soudan, dans une lettre à M. Kiir, affirmant: "L'Allemagne souhaite la bienvenue au Sud-Soudan comme nouveau membre de la communauté des pays libres et indépendants dans le monde".

L'accord de paix signé en 2005, sous la pression notamment des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, a ouvert la voie au référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan, organisé en janvier dernier.

Près de 99% des sudistes ont opté pour la sécession au cours de ce vote qui s'est déroulé sans incidents majeurs.

L'accession à l'indépendance intervient après plus de 50 ans de guerre - entrecoupée par une période d'accalmie de quelques années - entre les rebelles sudistes et les gouvernements successifs de Khartoum, un conflit qui a dévasté la région, fait des millions de morts et créé une méfiance réciproque.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté vendredi à l'unanimité une résolution créant une Mission des Nations unies au Sud-Soudan (Minuss) dotée de 7.000 soldats, 900 civils et d'experts pour contribuer à la construction du pays et à la sécurité.

L'objectif est de "soutenir les autorités nationales, en consultation étroite avec des partenaires internationaux, pour consolider la paix et empêcher le retour de la violence", a-t-il expliqué.

La Minuss prend la relève de la Minus qui était la force des Nations unies pour l'ensemble du Soudan.Mais l'essentiel de ses forces se trouvait déjà dans le Sud.

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