Les rebelles ont progressé vers le centre de Zliten, à l'est de Tripoli, vendredi, au troisième jour de leur offensive sur deux fronts, mais l'Otan a averti que les forces de Mouammar Kadhafi se réarmaient et se regroupaient.
Dans le même temps, des diplomates ont annoncé vendredi à Benghazi, fief de la rébellion dans l'Est, que l'ONU discutait avec le régime et la rébellion des moyens d'alléger les sanctions internationales imposées à la Libye, de crainte d'une pénurie notamment de fournitures médicales.
Les insurgés ont déclenché mercredi leur offensive, repoussant les forces loyalistes de plusieurs kilomètres et s'emparant du hameau de Goualich, non loin de Roujbane, dans les montagnes berbères au sud de la capitale libyenne, bastion du régime.Ils ont parallèlement lancé une deuxième attaque, cette fois à partir de la ville côtière de Misrata, à 200 km à l'est de Tripoli.
Les rebelles ont affirmé, dans un communiqué, avoir avancé vendredi en direction du centre de Zliten, à 150 km à l'est de la capitale libyenne, après des combats qui ont fait cinq morts et 17 blessés dans leurs rangs.
Les insurgés ont dit n'être qu'à un peu plus d'un kilomètre du centre-ville et avoir libéré plusieurs familles qui étaient emprisonnées par les loyalistes et ont "subi des tortures".
Néanmoins, tout en confirmant que les insurgés avaient pris l'initiative dans l'Ouest et étaient "capables de lancer des attaques couronnées de succès", l'Otan a souligné que les loyalistes étaient en train de se regrouper, de se réarmer et de contre-attaquer.
Ceux-ci tiennent encore les villes de Zawiyah et Zouwarah, à l'ouest de Tripoli, a indiqué l'Alliance atlantique.
La rébellion avait affirmé dimanche se préparer à repousser la ligne de front davantage vers la capitale libyenne, où des milliers de partisans du colonel Kadhafi ont prié vendredi sur la Place verte, appelant à la mobilisation pour combattre les "forces croisées" et à libérer les cités occupées par les rebelles.
S'en est suivie une manifestation au cours de laquelle ont été scandés des slogans à la gloire du "Guide de la révolution" qui, contrairement à ce qu'il avait fait le 1er juillet ne s'est pas adressé cette fois à la foule.
Après avoir pris le contrôle fin juin d'un important dépôt de munitions à plus de 120 km au sud de Tripoli, les insurgés cherchent désormais à faire sauter deux verrous stratégiques : Bir Al-Ghanam qui leur permettrait d'être à portée de canon de Tripoli, puis Gharyane où sont basées les garnisons de l'armée protégeant la capitale.
L'Alliance atlantique a annoncé avoir intensifié ses bombardements dans l'Ouest, avec des objectifs situés entre les montagnes au sud de Tripoli, et Misrata.
Jeudi, trois canons anti-aériens et un centre de commandement et de contrôle ont été visés, près de la capitale libyenne, d'après le dernier compte-rendu de l'Otan.
Une correspondante de l'AFP a été témoin vendredi d'une frappe aérienne près de Goualich, toujours aux mains des rebelles, qui lui ont raconté que les loyalistes avaient en vain tenté jeudi soir une percée vers ce hameau.
A Benghazi, des responsables des Nations unies bien informés ont déclaré que des discussions entre l'Organisation mondiale de la santé (OMS), une agence de l'ONU, et des représentants du Conseil national de transition (CNT), l'organe politique de la rébellion, ainsi que du régime du colonel Kadhafi s'étaient déroulées la semaine dernière à Genève, en vue d'établir la liste des domaines qui pourraient être exemptés de sanctions.
Des organisations chargées de l'aide humanitaire dans le pays ont signalé des pénuries de produits de base comme les vaccins, dont les stocks tant dans les régions de l'Ouest contrôlées par les forces loyalistes que dans celles de l'Est aux mains des rebelles ont fondu en près de cinq mois de guerre.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a eu une conversation téléphonique jeudi avec le Premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi et lui a demandé de cesser les combats et d'améliorer les conditions humanitaires.
A Washington, la Chambre des représentants a voté un amendement interdisant au Pentagone de fournir des équipements militaires aux rebelles en Libye, mais ce vote risque de rencontrer une forte opposition au Sénat.
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