Meurtre dans un centre d'asile en France: l'agresseur soudanais ne voulait pas être expulsé

Infos. En France depuis 2015, mais voué à une expulsion prochaine, l'assassin présumé vendredi d'un responsable de centre d'asile à Pau (sud-ouest) "nourrissait des reproches" envers cette administration, et voulait éviter de retourner au Soudan en guerre, selon le parquet, qui a écarté "toute intention terroriste".

Meurtre dans un centre d'asile en France: l'agresseur soudanais ne voulait pas être expulsé
La garde à vue du Soudanais a été prolongée samedi matin au terme des premières 24 heures et il sera présenté dimanche à un juge d'instruction "en vue d'une mise en examen (inculpation, ndlr) et d'un placement en détention provisoire" pour assassinat, a déclaré la procureure de Pau Cécile Gensac en conférence de presse.L'agresseur n'était "ni signalé ni fiché dans le cadre de la radicalisation violente, et les éléments recueillis permettent d'écarter toute intention terroriste", a souligné Mme Gensac, confirmant des premières informations vendredi de source policière.Le Soudanais ne bénéficiait plus depuis novembre 2020 d'autorisation de séjour à la suite de condamnations.Il a reconnu les faits et expliqué aux enquêteurs qu'il "nourrissait des reproches" à l'égard de la structure d'accueil de Pau, a ajouté la procureure. Il considérait "que sa situation n'a(vait) pas été correctement traitée".Il était venu pour "obtenir de la structure et donc de la victime un papier (...) afin de permettre son maintien sur le territoire national" et éviter de retourner au Soudan, selon Mme Gensac. Il était déjà venu "trois fois dans la semaine en cours" dans le centre, où il avait été pris en charge par le passé.Vendredi, vers 10H30, il s'était à nouveau présenté au centre d'accueil. Là, il est soupçonné d'avoir porté plusieurs coups de couteau --13 plaies ont été recensées-- à un chef de service du centre, avant d'être maîtrisé par des employés, puis interpellé sans opposer de résistance.Très vite, des employés du centre ont entendu des cris, alerté la police, et ont découvert leur collègue gisant au sol. Ils ont maîtrisé l'agresseur "au niveau des bras", avec "beaucoup de courage", a insisté Mme Gensac, et l'ont maintenu dans un bureau jusqu'a ce que la police l'interpelle, sans résistance.La victime de 46 ans, père de deux enfants et travailleur social expérimenté qui était chef du pôle "asile" de la structure depuis six ans, est mort de ses blessures environ une heure après les coups portés, a indiqué la procureure.L'agression de Pau a donné lieu à des appels, venus d'extrême droite et d'une partie de la droite prônant notamment un"moratoire sur l'immigration" ou bien la "double peine" par l'expulsion immédiate d'un étranger condamné. Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin, venu vendredi à Pau, a appelé à ce "qu'on ne mélange pas tout. Il est normal que la République applique des règles", et "tout à fait normal que la République soit fidèle à la vocation de la France d'accueillir des réfugiés".

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