Les proches des victimes réclament toujours justice en Ouganda, un an après les attentats suicide de Kampala qui ont tué 76 personnes le 11 juillet 2010, seule attaque à ce jour revendiquée par les islamistes somaliens shebab hors de leur territoire.
Les bombes qui avaient explosé dans un restaurant et un bar retransmettant la finale de la Coupe du monde de football constituaient l'attentat le plus meurtrier en Afrique de l'Est depuis les attaques contre les ambassades américaines de Nairobi et de Dar es Salaam le 7 août 1998.
Ramadan, 24 ans, regardait le match ce 11 juillet 2010 en compagnie de son frère Siraj au Village éthiopien, une des deux cibles des attaques.
"Mon frère est tombé comme s'il s'était assoupi.J'étais allongé sur lui et j'ai essayé de lui faire reprendre conscience", témoigne Ramadan."Je me demande encore pourquoi il est mort et moi, je suis encore en vie".
Les deux frères avaient hésité entre plusieurs lieux publics qui retransmettaient la finale, avant que Siraj trouve un des derniers sièges encore libres au Village éthiopien.Ramadan s'était assis par terre, entre les jambes de son frère.
"L'enquête devrait déjà être bouclée, cela fait déjà plus d'un an" après les attentats."J'ai besoin que ces gens (qui ont perpetré les attentats) soient présentés à un juge", témoigne Ramadan.
Les autorités ougandaises ont rapidement inculpé 38 personnes, dont 36 ont été détenues, parmi lesquelles des ressortissants ougandais et kényans, suggérant ainsi que les islamistes somaliens shebab disposaient d'appuis dans toute l'Afrique de l'Est.
Le parquet a cependant abandonné les poursuites contre 17 des inculpés en novembre dernier, et aucune audience n'a été convoquée depuis.
Les organisations de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch et Amnesty International ont critiqué la lenteur des procédures, le flou des charges retenues et les confessions, hors toute procédure judiciaire, faites par quatre suspects ougandais devant la presse.
Joan Kagezi, procureur en charge des crimes internationaux, rejette ces accusations, et assure qu'une prochaine audience pourrait se tenir le mois prochain.
"Pour l'Ouganda, cette affaire est à vrai dire traitée rapidement, car d'autres dossiers peuvent prendre deux ou trois ans", a déclaré le magistrat à l'AFP.
La détention la plus contestée est celle d'un militant kényan des droits de l'Homme, Al-Amin Kimathi, arrêté en septembre dernier alors qu'il était venu à Kampala assister des compatriotes suspectés d'implication dans les attentats.
Des organisations de défense des droits de l'homme ainsi que l'Association des juristes du Commonwealth réclament en vain sa libération.Son frère, Onesmus Murithi Imanene, estime que les autorités ougandaises et kényanes cherchent en fait à faire taire un critique virulent des méthodes de lutte anti-terroriste en Afrique de l'Est.
"Aucune enquête crédible n'a été menée à propos de mon frère.Toute cette affaire est politique", assure-t-il.
En revendiquant les attentats de Kampala, les shebab somaliens, affiliés à Al-Qaïda, avaient affirmé avoir agi en représailles à la participation de l'Ouganda à la force de paix de l'Union africaine en Somalie (Amisom) déployée dans la capitale Mogadiscio.
Les shebab veulent renverser le gouvernement du président Sharif Cheikh Ahmed, un islamiste modéré élu en janvier 2009.
Depuis, les effectifs de l'Amisom ont été porté de 6.000 à 9.000 hommes, de nationalité ougandaise ou burundaise.Appuyées par cette force, les troupes pro-gouvernementales ont lancé en février dernier une offensive qui leur ont permis de regagner plusieurs positions clé à Mogadiscio et certaines localités du centre et du sud du pays.Les shebab ont menacé de leur côté de perpétrer de nouveaux attentats contre l'Ouganda.
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