Cet homme est originaire de la région de Guinée forestière où ont été rapportés mi-février les premiers cas de décès dûs à la résurgence de la fièvre hémorragique.Il fait partie d'une poignée de volontaires à avoir profité d'une des 11.000 doses livrées lundi de toute urgence par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Préférant taire son identité, il explique à l'AFP qu'il était la semaine passée en Guinée forestière, plus proche du Liberia, de la Sierra Leone et de la Côte d'Ivoire que de la capitale Conakry, et qu'il a transité par la gare routière de Nzérékoré.
"Depuis que je suis arrivé de la forêt et que j'ai appris que cette maladie est réapparue, je me suis mis à l'écart dans ma famille.C'est pourquoi je me suis porté volontaire pour être vacciné", dit-il.
Dix jours après s'être déclarée en "état d'épidémie d'Ebola", la Guinée a fait état d'une dizaine de cas, probables ou confirmés, et de 6 à 8 décès, selon les sources.Près de 400 "cas contacts" ont été identifiés et font l'objet d'un suivi.
A Conakry, trois autres "volontaires" ont également été vaccinés mercredi par des agents médicaux en tenue de protection intégrale dans une tente dressée dans la cour de la base militaire.Dix cas contacts de la première victime répertoriée, une infirmière, ou de son mari, lui aussi infecté et qui a rejoint Conakry en bus, ont également reçu une dose.
"Plus de soucis à se faire à partir du moment où vous avez été vaccinés", lance le responsable du lieu, le Dr Halimatou Keïta, en réponse aux regards inquiets de certains.
En Afrique de l'Ouest, le souvenir reste vivace de l'épidémie d'Ebola qui avait causé plus de 11.300 décès de 2013 à 2016, principalement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, trois des pays les plus pauvres au monde.
- Etat de préparation -
La vaccination a débuté mardi, d'abord dans la région de Nzérékoré, mais aussi à Dubréka, dans la périphérie de Conakry.
Le ministre de la Santé, le général Rémy Lamah, a dit espérer "en avoir terminé avec cette maladie" dans un délai de "six semaines".Mais il faudra pour cela vaincre les réticentes des populations, conviennent les spécialistes.
La campagne s'est poursuivie mercredi à l'hôpital régional de Nzérékoré, où directeur, médecins, infirmiers et cas contacts ont reçu leur injection, ainsi que quelques cachets de paracétamol contre les éventuels effets secondaires, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Nous vaccinons d'abord les cas contacts, puisque la pathologie a été découverte dans cet hôpital, et ensuite tout le personnel, puisqu'ils sont en première ligne dans le cadre de la riposte", explique le Dr Kaba Keïta, lunettes rectangulaires à fines montures, chemise multicolore et masque sous le nez.
Le vaccin "ne soigne pas, mais ça nous protège.Surtout que nous sommes tout le temps avec tout le monde, alors ça nous fait nous sentir en sécurité d'être vacciné", confie Chavanel Kolivogui, un laborantin en blouse blanche.
Le chef de la commission de riposte à Ebola, Moussa Konaté, a dit avoir constaté dès son arrivée en Guinée forestière qu'on distribuait des kits sanitaires et des soutiens alimentaires."J'ai compris que les gens étaient très bien informés par rapport aux mesures préventives.La population est largement préparée", a-t-il déclaré à la presse locale.
C'est également de Guinée forestière qu'était partie en 2013 la pire épidémie d'Ebola depuis l'identification de la maladie en 1976 dans l'actuelle République démocratique du Congo (RDC), où elle a fait récemment sa réapparition et où une partie de la population résiste aux mesures sanitaires.
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