"Je suis préoccupé par des allégations quant à l'implication des forces érythréennes dans des violations graves des droits humains, tels que des actes d'enlèvement, de retours forcés de réfugiés érythréens et de demandeurs d'asile, qui sont ensuite emprisonnés en Erythrée", a déclaré le Rapporteur spécial de l'ONU pour la situation des droits de l'homme en l'Erythrée, le Soudanais Mohamed Abdelsalam Babiker."De telles allégations doivent faire l'objet d'une enquête rapide et approfondie menée par des mécanismes indépendants", a-t-il ajouté, devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU (CDH).En novembre, le gouvernement d'Addis Abeba a mené une opération militaire pour destituer les autorités régionales dissidentes du Tigré, région qui contestait l'autorité fédérale depuis plusieurs mois.Pendant le conflit, les Etats-Unis ont fait état "d'informations crédibles" sur une implication de l'Erythrée au Tigré, appuyées par divers témoignages sur place, mais aussi par des déclarations de responsables gouvernementaux et militaires éthiopiens.L'ONU s'est déjà inquiétée de possibles assassinats ciblés et d'enlèvements commis par des soldats érythréens.Sur place, des habitants du Tigré ont également évoqué à l'AFP la présence de troupes érythréennes sur leur sol, les accusant d'exactions et de pillages."Je suis particulièrement préoccupé par deux camps de réfugiés, qui accueillaient plus de 25.000 réfugiés érythréens dans la région du Tigré - Hitsats et Shemelba - et qui auraient été détruits lors d'attaques menées par les troupes érythréennes et éthiopiennes entre novembre 2020 et janvier 2021", a relevé le Rapporteur spécial.Il a également indiqué avoir envoyé un courrier le 28 janvier au gouvernement éthiopien, l'enjoignant de protéger les réfugiés et demandeurs d'asile érythréens.L'expert, qui est mandaté par le CDH mais dont les opinions n'engagent pas l'ONU, a par appelé les autorités érythréennes à lui accorder un accès sans entrave "aux réfugiés et demandeurs d'asile qui seraient détenus dans plusieurs prisons en Erythrée".Le Rapporteur spécial a par ailleurs indiqué n'avoir observé aucune amélioration en matière de respect des droits humains en Erythrée, en déplorant l'absence de "cadre institutionnel et juridique pour faire respecter les normes minimales" en la matière.En réponse, un représentant érythréen a déploré devant le Conseil le "harcèlement" dont souffre son pays.
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