Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU a exprimé ses inquiétudes sur la situation en Haïti, dans une lettre adressée au Conseil de sécurité. "La violence devrait encore s'intensifier considérablement pendant la période électorale qui s'annonce" d'ici début 2026, prévient-il.
Depuis un an, les violences des bandes armées ont franchi un nouveau palier, poussant le Premier ministre Ariel Henry à la démission au printemps et conduisant en 2024 à un bilan de plus de 5.600 morts, 1.500 enlèvements et des milliers de viols, selon l'ONU.
Dans ce contexte, les autorités de transition ont réclamé l'été dernier la transformation de la mission multinationale de sécurité (MMAS) menée par le Kenya, à peine entamée, en force de maintien de la paix de l'ONU.
Mais Antonio Guterres estime qu'"à ce stade, engager" une telle transition "n'est pas considérée comme une option réalisable". Cette option pourrait en revanche être réexaminée après avoir réussi à "réduire de façon importante le contrôle territorial des gangs", ajoute-t-il dans sa lettre.
La MMAS, autorisée par le Conseil de sécurité en 2023, a commencé à se déployer l'été dernier et compte désormais sous commandement kényan un peu plus de 1.000 policiers de six pays, sur les 2.500 attendus. "Une fois qu'elle sera totalement déployée avec les ressources adéquates, la MMAS représentera la solution la plus viable pour atteindre l'objectif à moyen terme de réduire le contrôle territorial des gangs", assure le secrétaire général.
L'efficacité de la MMAS remise en question
Reconnaissant les limites de l’"efficacité opérationnelle" de la MMAS, sous-équipée et sous-financée par des contributions volontaires, Antonio Guterres recommande un soutien logistique et opérationnel de l’ONU.
Son scénario, soumis à l’approbation du Conseil, prévoit un "bureau de soutien de l’ONU" chargé de la logistique (logement, nourriture, transport, communications...), financé par le budget des opérations de maintien de la paix. Ce bureau fournirait aussi du renseignement, notamment via des drones de surveillance.
La mission multinationale devra "être augmentée en nombre, et renforcée avec des capacités de type militaire et des équipements létaux supplémentaires fournis de façon bilatérale par les États membres pour combler les lacunes existantes".
Il note que "de nombreux véhicules blindés" donnés "ne sont pas adaptés à l’environnement urbain de Port-au-Prince", et que la moitié sont hors d’usage faute de pièces de rechange.
Il insiste aussi sur l’importance d’une amélioration de la situation politique. À ce titre, il propose de renforcer la mission politique de l’ONU en créant une cellule d’aide aux poursuites judiciaires et un programme de réinsertion pour les jeunes souhaitant quitter les gangs.
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