Les assassins du chanteur Lounès Matoub condamnés 13 ans après les faits

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TIZI OUZOU (Algérie) (AFP) - (AFP)

Deux hommes ont été condamnés lundi à Tizi-Ouzou (110 km à l'est d'Alger) à douze ans de réclusion pour l'assassinat en 1998 de Lounès Matoub, chanteur fermement engagé contre l'islamiste et l'une des idoles de la culture kabyle, selon un journaliste de l'AFP.

Treize ans après les faits et douze ans après l'arrestation de deux suspects, le procès a été expédié en trois heures, plaidoiries comprises.

Malik Madjnoun et Abdelhakim Chenoui étaient poursuivis par le tribunal criminel de Tizi Ouzou pour "participation et complicité dans l'assassinat de Lounès Matoub".

Le 25 juin 1998, le chanteur, âgé de 42 ans, porte-drapeau de la culture et de l'identité berbères, fermement opposé à l'islamisme, a été assassiné à Tala Bouinane, à 5 km de Tizi-Ouzou, en pleine décennie noire en Algérie.

Cet assassinant avait été perpétré par un groupe de dix personnes, dont huit sont en fuite ou ont été tuées par les forces de sécurité.

Malik Madjnoun et Abdelhakim Chenoui ont pratiquement purgé leur peine, douze ans de prison correspondant, à quelques mois près, au temps qu'ils ont passé derrière les barreaux dans l'attente de leur procès.

 Le procureur de la République avait requis la peine capitale.

De leur côté, les avocats de la défense avaient plaidé l'acquittement, arguant de l'absence de preuves matérielles.

"Je ne suis pas content de ce verdict car mon client aurait dû être acquitté", a déclaré à l'AFP Me Ait Habib Boubekeur avocat de Malik Madjnoun.

"Le dossier étant vide, c'est un procès expéditif qui correspond à une fuite en avant", a également estimé l'avocat d'Abdelhakim Chenoui, Me Amine Sidhoum.

La défense avait réclamé que les vrais commanditaires soient identifiés affirmant que des témoins ont assuré que les deux accusés ne se trouvaient pas sur les lieux du crime au moment des faits.

Lundi, l'audience a dû être suspendue à plusieurs reprises.

Notamment lorsque la famille du chanteur, ainsi que les membres de la fondation Matoub Lounès, ont scandé : "libérez Madjnoun et Chenoui, ramenez les vrais commanditaires".

Malika Matoub, la soeur du chanteur, partie civile au procès avait demandé la convocation de 75 témoins dont la ministre de la Culture, Khalida Toumi, et Said Saadi, le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, parti d'opposition) notamment pour avoir déclaré que l'attentat avait été perpétré par des islamistes.

Elle a également demandé que soit entendu Hassan Hattab, ex-chef du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui a revendiqué l'assassinat en mai 1999.Hattab s'est rendu en octobre 2007 aux autorités et, comme repenti, a été placé depuis en "lieu sûr".

Si la mère et la soeur du chanteur n'écartent "aucune thèse quant aux commanditaires", pour sa part, la veuve du chanteur, Nadia Matoub, pense que se sont les islamistes qui sont responsable de la mort de son mari

Le procès avait été reporté à trois reprises en 2000, 2001 et 2008 à la demande de la famille du chanteur pour permettre un complément d'enquête et une reconstitution du crime.

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