La révision proposée par le Pastef, parti au pouvoir, vise à exclure certains crimes graves du champ d'application de l'amnistie. Si le texte est adopté, les accusations d'assassinats, de meurtres, de tortures et de traitements inhumains, cruels ou dégradants ne bénéficieront plus de l'annulation des poursuites, même si ces actes ont été commis durant les manifestations entre 2021 et 2024.
Pour les défenseurs de cette modification, notamment les familles des victimes, cette évolution législative représente une avancée majeure. Avec 65 morts recensés, dont 51 par balles, les familles espèrent que ce texte permettra d'ouvrir des enquêtes judiciaires pour identifier et sanctionner les responsables. La révision pourrait aussi faciliter l'indemnisation des victimes, y compris celles dont les biens ont été endommagés.
Une loi toujours contestée
Malgré ces ajustements, la loi continue de susciter des critiques. Vingt organisations de la société civile et plusieurs figures de l'opposition dénoncent une injustice : si les auteurs de crimes graves peuvent être poursuivis, ceux responsables de dégâts matériels restent amnistiés. Certains redoutent que cette révision ne serve en réalité qu'à protéger les militants du Pastef.
L'ONG Amnesty International, qui a documenté les violences politiques ayant fait une soixantaine de morts et des milliers de blessés entre 2021 et 2024, soutient toutefois la modification de la loi. L'association des familles de victimes y voit également une opportunité de justice.
Un débat toujours vif
Certains acteurs politiques et militants restent favorables à une abrogation totale de la loi. Toutefois, selon le député Amadou Ba (Pastef), cette option n'a pas été retenue car l'abrogation n'aurait pas d'effet rétroactif et ne permettrait donc pas de revenir sur l'amnistie accordée en 2024.
Alors que le vote approche, le débat reste vif. La décision des députés marquera une étape clé dans la gestion des violences politiques au Sénégal et la quête de justice des victimes et de leurs familles.
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