Amnesty dénonce les "crimes de guerre" contre les enfants somaliens

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NAIROBI (AFP) - (AFP)

L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty international a dénoncé mercredi les "crimes de guerre" contre les enfants somaliens, notamment le "recrutement systématique" d'enfants soldats par l'insurrection islamiste shebab.

Dans un rapport pour lequel elle a recueilli plus de 200 témoignages, Amnesty étudie l'impact sur les enfants d'un conflit armé qui ravage le pays depuis le départ du président Mohamed Siad Barre en 1991.

"Un enfant en Somalie risque la mort tout le temps : il peut être tué, recruté et envoyé au front, puni par les shebab parce qu'il écoute de la musique ou porte +les mauvais habits+", dénonce Michelle Kagari, directrice adjointe pour l'Afrique d'Amnesty.

Amnesty appelle la communauté internationale à l'action pour protéger ces enfants dans un pays où les combats, auxquels s'ajoutent aujourd'hui une gravissime sécheresse, poussent les habitants à fuir par milliers.

L'organisation accuse aussi les shebab de recruter les enfants en leur promettant argent et téléphone portable, ou par la force, en effectuant des descentes dans les écoles.

"Les shebab sont venus un matin (...) Ils ont dit aux professeurs que tous les enfants devaient sortir de la classe", raconte une adolescente de 13 ans originaire de Mogadiscio, citée par Amnesty."Il y avait une voiture à l'extérieur, ils forçaient les enfants à monter dedans.Un professeur a été tué parce qu'il refusait d'obéir".

Amnesty dénonce les scènes de torture, les meurtres dont les enfants sont témoins.

Elle n'épargne pas non plus le gouvernement de transition (TFG), l'accusant aussi d'entraîner les enfants dans la guerre."Il s'est engagé à respecter les droits des enfants, mais doit encore adopter des mesures concrètes pour mettre fin à l'utilisation des enfants par les forces qui combattent à ses côtés", juge-t-elle.

La plupart des enfants enrôlés ont entre 12 et 18 ans, mais des réfugiés ont affirmé à Amnesty que certains étaient recrutés dès huit ans.Si les garçons sont surtout envoyés au combat, les filles peuvent se retrouver à cuisiner, nettoyer ou encore porter les armes des soldats.D'autres sont forcées au mariage, affirme Amnesty.

"C'est un conflit sans fin, où les enfants vivent des horreurs inimaginables tous les jours," avertit Mme Kagari."Ils risquent de devenir une génération perdue si le monde continue d'ignorer les crimes de guerre qui touchent tant d'entre eux".

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