Tunisie: financement étranger interdit aux partis

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TUNIS (AFP) - (AFP)

La Haute instance chargée des réformes politiques en Tunisie a adopté mercredi un projet de décret loi interdisant tout financement étranger aux partis politiques, avant l'élection d'une assemblée constituante prévue le 23 octobre.

Le texte interdisant tout financement étranger direct ou indirect et instaurant les règles de financement national a été adopté avec "une écrasante majorité de voix", en l'absence du puissant parti islamiste Ennahda, qui a claqué la porte de l'instance chargée de piloter le processus de réformes.

Selon les commentateurs, ce parti est soupçonné de vouloir échapper au contrôle de son financement et accusé de recevoir d'importants fonds de l'étranger, notamment du Golfe.

Sur un total de 88 membres, 82 ont voté pour le projet de décret loi, cinq se sont abstenus et un seul membre a voté contre, estimant que la haute instance n'était "pas légitime", a indiqué à l'AFP Zouhaier Makhlouf, un "indépendant", ex-membre du PDP (parti démocrate progressiste), principale force de l'opposition non islamiste.

Le président de la Haute instance s'est dit "soulagé" par le vote."Après deux reports et de vaines tentatives de ramener Ennahda au sein de la haute instance, le projet de décret de loi a été adopté par une écrasante majorité", a déclaré à l'AFP Yadh Ben Achour.

Le projet voté doit être soumis à l'examen du gouvernement de transition jeudi, a-t-il indiqué.

"Mon soulagement sera total lorsque ceux qui ont suspendu leur participation (nldr: Ennahda) se rejoindront à nous", a-t-il M. Ben Achour, affirmant qu'il allait reprendre le dialogue en panne avec le parti islamiste légalisé après la chute du régime de Ben Ali le 14 janvier.

Un dirigeant de ce parti joint par l'AFP a nié que sa formation soit contre le projet de décret loi sur le financement des partis politiques.

"Nous ne sommes pas contre ce projet et nullement surpris par son adoption.C'est le fonctionnement sectaire de la Haute instance qui nous a obligé à y suspendre notre participation", a dit Samir Dilou.

Selon lui, "le président de la haute instance a un parti pris et son instance n'a pas de légitimité puisque ses membres ne sont pas élus".

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