La rébellion cherche à consolider son avancée autour du port de Brega dans l'Est libyen et affirme préparer une offensive vers Tripoli dans l'Ouest, cependant que la question du départ de Mouammar Kadhafi reste l'obstacle majeur à un règlement négocié du conflit.
Les insurgés affirment encercler Brega, site pétrolier niché à la pointe sud-est du golfe de Syrte, où il ne restait plus jeudi, selon les rebelles, que quelques combattants loyalistes bloqués dans des installations stratégiques.
Ralentis par des centaines de mines antipersonnel disséminées autour du site pétrochimique et par des tranchées emplies de liquides inflammables, les rebelles ont perdu une quarantaine des leurs et ont eu plus de 200 blessés depuis le début de leur offensive sur Brega, le 14 juillet.
La situation a été "plus calme aujourd'hui et hier, les forces de Kadhafi (à l'intérieur de la ville) ne tirent plus autant, nous ne savons pas si c'est parce qu'elles n'ont plus de munitions", a déclaré Mohamed Zawi, un porte-parole des insurgés.
Il a souligné que la progression des rebelles était ralentie par le déminage à effectuer."Nous prévoyons d'avancer lentement, en nettoyant le terrain et en créant de bonnes positions défensives", a-t-il dit.
Dans l'Ouest, c'est le statu quo depuis plusieurs jours, malgré des échanges de tirs sporadiques entre des combattants fidèles au colonel Kadhafi et des insurgés suspendus aux ordres de l'Otan pour déclencher la prochaine phase de leur offensive vers Tripoli, plusieurs fois retardée.
Jeudi vers 10H00 (08H00 GMT), les rebelles ont tiré des roquettes à partir de Bir-Ayad, dans la vallée des montagnes berbères au sud-ouest de la capitale, sur les kadhafistes qui défendent Al-Ghanam.
Les forces gouvernementales ont répliqué à l'aide de roquettes et d'obus de canon 106.
Dans des échanges de tirs similaires mercredi soir, les insurgés disent avoir touché un petit dépôt de munitions.
Mais l'objectif de la rébellion reste le même depuis plusieurs jours : c'est Al-Assabaa, carrefour stratégique à 80 kilomètres au sud de Tripoli qui leur ouvrirait la voie vers Gharyane, ville de garnison et dernier verrou avant la capitale.
L'Otan, qui veut encore détruire plusieurs cibles dans la zone, n'a toutefois pas encore donné son feu vert, a expliqué à l'AFP un combattant rebelle à Bir-Ayad.
En outre, les insurgés répètent attendre que les civils des localités visées aient pu partir se mettre à l'abri.Mais, pour le moment, "l'armée de Kadhafi empêche les civils de partir", a dénoncé ce combattant qui a requis l'anonymat parce qu'il a de la famille à Tripoli.
L'Alliance atlantique a pour sa part annoncé avoir détruit mercredi 13 cibles militaires à Zliten, en particulier des postes de commandement et des dépôts.Cité de 200.000 habitants à 150 km à l'est de Tripoli, Zliten est dans la ligne de mire des rebelles partis notamment de Misrata, à une soixantaine de kilomètres plus à l'est.
Plusieurs chefs militaires des insurgés de Misrata ont d'ailleurs réclamé mercredi au président Nicolas Sarkozy davantage d'aide de la France, assurant être en mesure de faire tomber la capitale.
Sur le plan diplomatique, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a estimé mercredi que le colonel Kadhafi pourrait rester en Libye s'il acceptait de se tenir à l'écart de la vie politique, posant son retrait du pouvoir comme condition préalable à un cessez-le-feu.
Le numéro deux de la rébellion libyenne, Mahmoud Jibril, a affirmé jeudi que "le plus important est que Kadhafi quitte le pouvoir"."C'est la première étape.Quand cette étape sera franchie, nous pourrons passer à la prochaine phase, c'est-à-dire savoir où il pourra rester et quel genre d'arrangement est possible", a-t-il ajouté.
Le ministre libyen des Affaires étrangères Abdelati Obeidi a pour sa part jugé que "la question du départ de Kadhafi n'est pas sujet à discussion", tandis que pour Washington, ce sera "aux Libyens de décider" du sort de Mouammar Kadhafi une fois que ce dernier aura quitté le pouvoir.
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