Les familles des victimes françaises de l'attentat de Marrakech du 28 avril se sont montrées vendredi satisfaites de l'avancée de l'enquête et de la collaboration entre les justices marocaines et françaises, à l'issue d'une réunion avec les juges d'instruction à Paris.
C'est la première fois que les trois magistrats en charge de l'information judiciaire ouverte le 20 mai par le parquet de Paris recevaient les proches des victimes pour leur faire part des éléments communiqués par la justice marocaine, qui enquête aussi sur l'attaque qui avait fait 17 morts, dont huit Français.
"C'est satisfaisant de voir que la justice marocaine et la justice française travaillent ensemble", a déclaré à l'AFP, à l'issue de cette réunion de près de trois heures Eric Bédier, beau-frère d'une des victimes."C'est important d'avoir eu la chronologie, d'avoir eu des éléments de la personnalité des terroristes."
Huit suspects arrêtés par les autorités marocaines dans cette affaire doivent être jugés par le tribunal antiterroriste de Salé, près de Rabat.Leur procès, qui devait s'ouvrir le 30 juin, a été reporté au 18 août.
"L'enquête avance plutôt bien et cette réunion était importante pour permettre aux familles de se rendre compte que le dossier marocain est solide", a déclaré Guillaume Denoix de Saint Marc, porte-parole de l association française des victimes du terrorisme, qui s'est portée partie civile
Jacques Sombret, qui a perdu dans l'attaque sa fille Maud, 39 ans, a confié avoir été "surpris" par la rapidité de l'enquête.
"Mais à mon avis, le dossier n'est pas difficile, à partir du moment où les principaux suspects reconnaissent leurs responsabilités", a expliqué ce retraité de 63 ans qui vit à Marseille.
L'attentat commis sur la terrasse du café Argana, sur la célèbre place Jamâa El Fna à Marrakech, un haut lieu du tourisme marocain, avait été le plus meurtrier au Maroc depuis les attaques islamistes à Casablanca en 2003.
Sur les huit accusés, deux font figure de principaux suspects, Adil El-Othmani et Hakim Eddah, selon les informations communiquées vendredi par les juges Yves Jannier, Nathalie Poux et Christophe Tessier aux familles.
Le premier aurait fabriqué, déposé puis déclenché la bombe, tandis que le second passe davantage pour le "cerveau" de l'attaque, selon M. Denoix de Saint Marc.
"Ils se présentent eux-mêmes comme des djihadistes et ont tenté d'aller combattre en Irak", a-t-il dit."Comme ils n'y sont pas parvenus, ils en sont venus à la conclusion qu'il valait mieux faire le djihad chez eux, en prenant pour modèle les attentats commis à Londres ou Madrid."
"Reste à déterminer d'éventuelles complicités, et les liens éventuels avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi)", a poursuivi M Denoix de Saint Marc, qui a qualifié la collaboration franco-marocaine d'"exemplaire".Aqmi a nié toute implication dans l'attentat.
Au cours de la réunion, les juges français ont confié avoir auditionné sept des huit suspects à la fin du mois de juin au Maroc dans le cadre d'une commission rogatoire internationale "en présence des juges et des policiers marocains", selon Me Eric Moutet, l'un des avocats d'une famille de victimes.
Les huit qui seront jugés au Maroc ne pourront l'être de nouveau en France, a expliqué quant à lui Me Avi Bitton, l'avocat de M. Sombret.La première audience, le 18 août, devrait selon lui être suivie de six autres qui ne seront pas consécutives, mais auront lieu jusqu'à la fin du mois de septembre.
Une source judiciaire interrogée par l'AFP a cependant estimé qu'il y avait "de très grandes chances" que le procès soit de nouveau reporté.
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