Le prêt de l'Afrique du Sud au Swaziland vivement critiqué par l'opposition

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MBABANE (AFP) - (AFP)

La décision de l'Afrique du Sud d'accorder un prêt pour sauver le Swaziland de la faillite suscite le scepticisme, voire l'hostilité, de ceux qui luttent depuis longtemps pour que cette monarchie absolue et autoritaire s'engage sur la voie de la démocratie.

Au Swaziland comme en Afrique du Sud, nombreux sont ceux qui ne croient pas à l'efficacité des "conditions" posées par Pretoria pour débloquer son prêt, d'un montant de 2,4 milliards de rands (250 millions d'euros).

Mercredi, l'Afrique du Sud a affirmé que son aide serait conditionnée à l'ouverture par le roi Mswati III "d'un processus de dialogue incluant toutes les parties prenantes et les citoyens du royaume du Swaziland".

"Les militants de la démocratie au Swaziland vont essuyer un revers, parce que le régime va leur dire: +Nous avons gagné la bataille+", a affirmé jeudi Mario Masuki, leader du Mouvement démocratique populaire unifié, parti interdit.

"C'est une mauvaise décision, qui revient à jeter de l'argent dans un tonneau percé", assure-t-il.

L'Afrique du Sud, cependant, est dans une position délicate.Pretoria redoute un afflux massif d'immigrés sans ressources en cas de cessation de paiement du Swaziland.Et le prêt ne représente qu'un quart environ de la somme nécessaire au roi Mswati III.

L'opposition swazie avait tenté en vain de convaincre Pretoria de retarder son prêt jusqu'à ce que le roi autorise de nouveau les partis politiques, qui n'ont plus d'existence légale depuis 1973, et s'engage à organiser des élections multipartites et à nommer un gouvernement de transition.

"J'aimerais bien savoir comment l'Afrique du Sud va s'y prendre pour s'assurer que le Swaziland va tenir ses engagements et faire vraiment ce qu'il a promis de faire", s'est interrogé Sikela Dlamini, coordinateur du Front démocratique uni, qui regroupe plusieurs mouvements d'opposition."Nous traitons avec un gouvernement à qui on ne peut pas faire confiance".

Lucky Lukhele, porte-parle du Réseau de solidarité Swaziland, un groupe d'exilés, a déclaré à l'AFP que ce prêt était "la dernière trahison du peuple swazi par le gouvernement sud-africain".

En Afrique du Sud même, les critiques ont fusé, y compris depuis les rangs de la Ligue de jeunesse de l'ANC et du mouvement syndical, pourtant proches du pouvoir.

Les conditions du prêt, a dénoncé le Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu), "sont très éloignées des demandes exprimées par le peuple du Swaziland en matière de démocratie, de droits de l'Homme et de réforme de la monarchie parasite".

L'Afrique du Sud, en plus du "dialogue" politique, a également posé comme conditions la mise en place de réformes exigées par le Fonds monétaire international (FMI), dont une réduction drastique des dépenses de l'Etat.

Mais les tentatives du roi de réduire les salaires de fonctionnaires de 10% ont provoqué récemment des manifestations dans le pays, violemment réprimées.

Le déficit budgétaire du royaume dépasse 14% du PIB, selon le FMI, qui a refusé de venir en aide au Swaziland.

Le pays, qui a perdu l'an dernier 60% des produits d'une union douanière régionale, a dû puiser dans ses réserves de changes pour payer les fonctionnaires.

Le ressentiment est désormais très fort contre le roi, qui a treize épouses officielles, chacune vivant dans un palais différent, et une fortune personnelle estimée à une centaine de millions de dollars.Alors que 70% de ses sujets vivent avec moins d'un dollar par jour, dans un pays où 25% de la population adulte est porteuse du virus du sida.

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