Libye: les rebelles saisissent un pétrolier du régime de Mouammar Kadhafi

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BENGHAZI (Libye) (AFP) - (AFP)

Un pétrolier libyen saisi par les insurgés a accosté jeudi à Benghazi (est), où la rébellion a entamé des négociations avec des représentants des tribus pour tenter de contenir leur mécontentement après l'assassinat du chef d'état-major rebelle.

Corne de brume hurlante, drapeaux aux couleurs de la Libye rebelle --rouge, noir et vert-- sur ses mâts, le "Carthagène" a fait son entrée à la mi-journée dans le port de Benghazi.

Le navire de près de 200 mètres de long est venu immédiatement accoster sur le quai réservé au débarquement de produits pétroliers, à quelques dizaines de mètres d'un autre tanker libyen, le Anwar Afriqya, lui aussi capturé en mer à la mi-mars par les rebelles.

Le Carthagène appartient à la flotte de pétroliers propriétés de l'Etat libyen, ce dont témoigne l'immense inscription GNMTC sur sa coque, pour "General National Maritime Transport Company", société d'Etat réputée être contrôlée par l'un des fils du colonel Kadhafi, Hannibal.

Il transporte 37.000 tonnes de carburant et a été intercepté il y a deux jours alors qu'il faisait route de l'île de Malte vers la Libye, selon un officier rebelle ayant participé à l'arraisonnement.

L'opération s'est déroulée "avec l'aide de l'Otan" qui déploie actuellement 17 navires en Méditerranée pour faire respecter l'embargo sur les armes décrétée par l'ONU contre la Libye, a affirmé le même officier qui n'a cependant pas précisé les circonstances précises de l'arraisonnement du navire.

"Nous n'avons pas eu à faire usage de la force, les menaces ont suffi", a-t-il assuré, ajoutant que l'opération avait été menée du côté rebelle depuis le Nour, un bateau ravitailleur d'une cinquantaine de mètres normalement basé à Benghazi.

Un porte-parole de l'Otan à Naples a de son côté affirmé que le Carthagène avait été intercepté par l'Alliance atlantique mais autorisé à poursuivre sa route vers Benghazi après que le commandant eut répondu à une série de questions.

La perte de ce cargo est un coup dur pour Tripoli alors que la question du carburant devient cruciale des deux côtés du front en Libye où le soulèvement populaire entamé il y a six mois s'est transformé en conflit armé.

Depuis le début des affrontements, des milliers de personnes, pour la plupart des travailleurs immigrés venant d'Afrique ou des réfugiés des conflits de la région, ont embarqués depuis les côtes libyennes pour rejoindre Lampedusa, une petite île à mi-chemin entre les côtes africaines et la Sicile.

Jeudi, une centaine de migrants sont morts au cours de la traversée et leurs corps ont été jetés à la mer, selon une rescapée marocaine citée par l'agence italienne Ansa.

Sur le terrain militaire, le centre de Zliten, verrou stratégique à 150 km de la capitale, était jeudi sous contrôle des forces pro-Kadhafi, a constaté l'AFP au cours d'un déplacement organisé par le régime, qui a accusé l'Otan d'avoir tué une femme et ses deux enfants dans un raid aérien sur une maison dans l'ouest de la ville.

Des tirs d'artillerie étaient audibles en direction de l'est de Zliten où, selon les habitants, la ligne de front serait fixée entre 10 à 15 km.

Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a pour sa part jugé jeudi que l'intervention militaire internationale en Libye n'en est pas au stade de l'enlisement, reconnaissant toutefois: "sans doute avons-nous sous-estimé la résistance des forces de Kadhafi".

A Benghazi, le Conseil national de transition (CNT), l'organe politique de la rébellion, tentait toujours jeudi de gérer les conséquences de l'assassinat de son chef d'état-major, le général Abdel Fatah Younès, et de contenir le mécontentement de certains acteurs politiques locaux.

Des négociations ont débuté jeudi entre le CNT et un comité de représentants des principales tribus de l'Est formé la veille.L'objectif de ces discussions est de faire toute la lumière sur les circonstances de la mort du général et de désamorcer ainsi la colère de sa tribu, les Al-Obeïdi.

Rallié à la rébellion après avoir été un pilier du régime, le général Younès avait été tué en fin de semaine dernière dans de mystérieuses circonstances après avoir été rappelé du front pour un interrogatoire à Benghazi.

Son assassinat a suscité d'intenses spéculations sur l'identité des meurtriers, les divisions et l'influence des islamistes au sein de la rébellion, ou l'existence d'une possible "cinquième colonne" derrière les lignes rebelles.

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