Le gouvernement et les ONG actives en Italie ont réclamé vendredi une mobilisation de la communauté internationale et notamment des navires de l'Otan pour secourir les migrants qui fuient la Libye après une nouvelle tragédie ayant fait des dizaines de morts.
L'Italie a d'abord demandé à l'Otan une "enquête formelle" après une polémique sur la "non-assistance présumée" d'un navire de l'Alliance qui se trouvait à proximité d'un bateau de migrants parti samedi de Libye et dont des dizaines de passagers sont morts durant la traversée.
Les autorités italiennes auraient, selon une source du ministère citée par l'agence Ansa, demandé l'intervention d'un bâtiment de l'Otan qui se trouvait à 27 milles (50 km) de l'embarcation en difficulté mais cette demande serait restée lettre morte.
Le bateau de bois de 20 mètres de long, où s'entassaient plus de 350 migrants en majorité d'Afrique sub-saharienne, est arrivé jeudi à Lampedusa, petite île du sud de l'Italie à mi-chemin entre les côtes nord-africaines et l'Italie.
Plusieurs réfugiés épuisés et déshydratés ont affirmé que des dizaines de passagers sont morts de faim et de soif pendant la traversée et que leurs corps ont été jetés à la mer.Une femme marocaine a parlé d'une centaine de victimes.
Résolu à mobiliser la communauté internationale, le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, a aussi demandé à l'Otan l'ouverture d'une "discussion interne" pour élargir sa mission au secours aux embarcations de migrants.
Le ministre a souhaité "une possible adaptation du mandat de la mission de sauvegarde des populations civiles en Libye (..) afin d'assurer la protection et le secours de ceux qui à cause des combats sont contraints de fuir sur des bateaux au péril de leur vie", selon le communiqué officiel.
Selon Mario Testa, médecin de MSF (Médecins Sans Fontières), présent à Lampedusa, les migrants "sont restés pendant six jours et six nuits en haute mer sans eau ni nourriture, tout en assistant impuissants à la mort" de "dizaines de personnes à cause des privations endurées".
Cinq d'entre eux, quatre femmes et un homme, qui se trouvaient dans un état particulièrement grave, sont hospitalisés depuis jeudi à Palerme.
Pour éviter de nouvelles tragédies, la porte-parole du HCR (Haut Commisariat pour les réfugies de l'ONU) en Italie, Laura Boldrini, a préconisé "une amélioration de la collaboration entre les navires en Méditerranée".
Selon elle, "au moins 1.500 réfugiés" ont disparu corps et âme pendant leur traversée vers l'Europe depuis le début des combats en Libye à la mi-mars, chiffrant à 24.000 le nombre de ceux qui ont réussi à atteindre les côtes italiennes.
L'ONG Save The Children, également présente à Lampedusa dans l'accueil aux réfugiés, a demandé "l'ouverture urgente de couloirs humanitaires" et "la mise au premier plan de la protection de la population civile en commençant par les enfants"."Il n'est pas possible de continuer à assister à ces tragédies en mer sans rien faire", a-t-elle dénoncé.
Dans son communiqué, Médecins Sans Frontières a rappelé aux "parties impliquées dans le conflit (en Libye) et aux pays voisins leurs propres responsabilités, dans le respect du droit international, qui consistent à maintenir ouvertes leurs frontières et à offrir secours et protection aux personnes fuyant la Libye."
Lundi, 25 migrants avaient été retrouvés morts asphyxiés dans la cale d'une embarcation délabrée d'une quinzaine de mètres partie le samedi précédent et secourue au large de Lampedusa.271 autres migrants avaient survécu à la traversée.
En avril, 250 migrants avaient trouvé la mort lors d'un naufrage au large de Lampedusa.
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