En moins de dix jours, grâce à un appel aux dons via SMS et Facebook, des jeunes de banlieue dans le Val-de-Marne ont réussi à collecter dix tonnes de denrées prêtes à être envoyées en Somalie frappée par la famine.
"Remplissez bien les cartons!": Céline, Zhora et Karitoum, des jeunes bénévoles, s'activent pour trier les paquets de pâtes ou les conserves et les empaqueter.Ils les entreposent autour du ring, dans les vestiaires et même dans les douches d'une salle de boxe d'un quartier sensible de Villiers-sur-Marne réquisitionnée pour stocker ces denrées venues de toute la France et de Belgique.
"Nous avons collecté dix tonnes en dix jours.C'est magnifique!", s'exclame Amadou Kébé, président de l'association France Afrik Terre 2 Kultur, à l'initiative de l'opération "Banlieue solidarité".
Il a monté ce projet "éducatif" et humanitaire quand il a vu à la télévision des "images d'enfants qui meurent de faim" dans la Corne de l'Afrique.
"Quelle que soit notre classe sociale, on ne peut pas laisser des enfants mourir de faim.Personne ne réagissait alors j'ai décidé de faire quelque chose", revendique Amadou Kébé.
"J'ai écrit un texto et l'ai envoyé à tout mon répertoire qui l'a envoyé à son répertoire", raconte-t-il en déchargeant une camionnette remplie de bouteilles d'eau, livres et denrées non périssables.
Séduits par l'idée, des dizaines de jeunes ont lancé des collectes à Grigny, Corbeil-Essonnes et dans "toutes les banlieues de France", assure M. Kébé.Toutes les colis doivent être acheminés vers Villiers-sur-Marne où l'opération doit durer trois semaines.
Une page Facebook, créée vendredi, a "déjà 4.000 membres", s'enthousiasme celle qui l'a lancée, Zhora Ayoujil.
"Un paquet de pâtes, c'est 15 centimes.Si quelqu'un n'est pas touché par des enfants qui meurent de faim, c'est quelqu'un d'inhumain", lance-t-elle.
Dans la salle de boxe, caddies et cartons débordent de paquets de sucre, de farine, de pâtes, de lait en poudre, biberons et médicaments.
Un couple apporte alors des sachets de riz que Zhora Ayoujil empile immédiatement sur d'énormes sacs de 20 kg alignés le long des murs de la salle, entre des punching-ball, gants de boxe et une affiche de boxeurs les poings serrés.
"C'est parti d'un texto et une grande chaîne humaine de solidarité est née.Tous les jours, des jeunes de la cité viennent faire du paquetage", se réjouit Tarek Ben Mansour, l'un des responsables de l'espace socio-culturel et d'aide à l'emploi (l'Escale) de Villiers-sur-Marne.
"Ca ne coûte rien d'aider les gens qui sont dans le besoin et ça fait plaisir", sourit Karitoum, 20 ans, qui, comme les volontaires s'affairant dans la salle, vient de la cité difficile des Hautes-Noues.
Pour M. Kébé, cet élan de solidarité est "une leçon de noblesse.C'est la richesse des banlieues: on a peut-être pas les moyens, mais on a le coeur".
Il espère pouvoir envoyer l'aide en Somalie "fin août, début septembre, via un pont aérien mis en place par l'Etat" et dit en avoir fait la demande par courrier électronique à l'Elysée.
M. Kébé voudrait même qu'une trentaine de jeunes des Hautes-Noues partent en Somalie "pour voir réellement ce qui se passe là-bas".
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.