La famine dans la Corne de l'Afrique est "inadmissible" avec les ressources financières et les technologies dont dispose la communauté internationale, a estimé jeudi le directeur de l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Jacques Diouf.
"Il est de notre responsabilité d'aider de manière efficace les populations de la Corne de l'Afrique car il est inadmissible qu'à notre époque, avec les ressources financières, les technologies et l'expertise à notre disposition, plus de 12 millions de personnes risquent aujourd'hui de mourir de faim", a déclaré M. Diouf à Rome.
Il participait à une réunion technique de suivi sur la sécheresse et la famine dans la Corne de l'Afrique, destinée à préparer notamment la conférence de l'Union africaine qui doit réunir des pays donateurs à Addis Abeba le 25 août.
"Des plans d'investissement complets et déjà approuvés sont disponibles, mais c'est leur financement qui fait défaut.Si les gouvernements et leurs partenaires donateurs n'investissent pas maintenant, la famine épouvantable que nous tentons de combattre maintenant reviendra et ce sera une honte pour la communauté internationale", a ajouté M. Diouf.
Mercredi, les membres de l'Organisation de coopération islamique (OCI) se sont engagés à Istanbul à verser 350 millions de dollars à la Somalie.
Lundi, l'ONU avait lancé un appel d'urgence à davantage de contributions à son fonds de lutte contre la famine dans la Corne de l'Afrique, pour lequel l'ONU juge nécessaires des aides de 2,4 milliards.
"Il est encore temps d'aider ces femmes, hommes, et enfants à sortir de cette crise par eux-mêmes et de relever les défis de demain, en reconstituant des moyens d'existence plus sûrs, mieux diversifiés et capables de résister aux chocs climatiques", a martelé le directeur de la FAO.
Mme Sally Kosgei, ministre kenyan de l'Agriculture, a souligné que son pays, qui accueille un grand nombre de réfugiés, "ne se plaint pas mais veut rappeler au monde ses besoins en aide".
"Les familles perdent leur bétail et la situation est aggravée par l'arrivée des réfugiés", a-t-elle dit, rappelant que "60% des terres du Kenya sont arides ou semi-arides".
"Nous avons des graines résistantes à la sécheresse (du mil, du sorgho), nous avons des projets, il nous manque les infrastructures, par exemple il faudrait de petits barrages.Nous avons des programmes mais nous ne pouvons pas les financer.Le monde doit se réveiller" pour éviter de nouvelles famines, a ajouté Mme Kosgei.
La sécheresse qui sévit dans la région, la pire depuis 60 ans, a déjà fait des dizaines de milliers de morts et menace 12 millions de personnes en Somalie, au Kenya, en Ethiopie, à Djibouti, au Soudan et en Ouganda.
Mercredi, le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, a appelé à la générosité, estimant qu'"il faut montrer au reste du monde que nous savons être mobilisés", lors de l'ouverture d'un sommet de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), à Luanda.
"Même un Etat membre que l'on pourrait qualifier de pauvre devrait apporter sa contribution (...) même symbolique", a estimé M. Ping en évoquant la réunion d'Addis Abeba.
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