La SADC parle d'intégration économique, et peu des crises régionales

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LUANDA (AFP) - (AFP)

Les chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) ont consacré leur sommet annuel, mercredi et jeudi à Luanda, à des questions économiques, remettant à plus tard le règlement des crises régionales.

Tant la question zimbabwéenne que l'impasse politique à Madagascar ont été vite expédiées, les dirigeants de la SADC se contentant de réaffirmer des positions prises lors de leurs précédentes réunions, et notamment en juin à Johannesburg.

Quant à la situation au Swaziland et au Malawi, où des manifestations anti-gouvernementales ont été violemment réprimées ces derniers mois, elle n'a pas spécialement dérangé les dirigeants de la SADC, pourtant engagés par leurs traités à promouvoir la démocratie dans leurs pays.

Le sommet "s'est extrêmement bien passé", a affirmé à l'AFP la ministre sud-africaine des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane.

Les questions qui fâchent ayant été traitées rapidement, la rencontre de Luanda s'est en effet terminée avec une heure d'avance jeudi.

Concernant le Zimbabwe, les participants ont, selon le communiqué final, "pressé les partis (signataires) de l'accord politique global (de partage de pouvoir de 2009) de rester engagés dans la mise en oeuvre dudit accord et à finaliser la feuille de route devant régler les problèmes en suspens".

Même si le secrétaire exécutif de la SADC, Tomaz Salomao, a indiqué à l'AFP avoir "presque un accord pour la feuille de route" devant conduire à de nouvelles élections, la situation n'a que peu évolué depuis le sommet de Johannesburg.

La SADC a certes parrainé l'accord qui a permis d'éviter une guerre civile entre les partisans du président Robert Mugabe et ceux de son principal opposant, le désormais Premier ministre Morgan Tsvangirai, mais sa mise en oeuvre a pris beaucoup de retard.

Le camp de Mugabe multiplie les provocations, et les deux camps peinent notamment à boucler la rédaction d'une nouvelle Constitution, préalable à l'organisation d'élections démocratiques qui permettraient de remettre les compteurs à zéro.

Concernant Madagascar, les chefs d'Etat et de gouvernement d'Afrique australe n'ont pu que "réaffirmer (leur) attachement à soutenir le processus de médiation".

La Grande Ile est engluée dans une grave crise institutionnelle depuis le renversement en mars 2009 du président Marc Ravalomanana par le maire de la capitale, Andry Rajoelina, avec le soutien de l'armée.

La SADC a présenté une "feuille de route" devant conduire à de nouvelles élections, mais la question du retour de M. Ravalomanana --qui vit en exil en Afrique du Sud depuis son éviction, et a été condamné aux travaux forcés à perpétuité dans son pays-- n'a toujours pas été réglée.

Le président angolais José Eduardo dos Santos, qui a pris la tête de la SADC pour un an, a reconnu que la situation était "bloquée".

Peu loquace sur les crises régionales et les idéaux démocratiques, la présidence angolaise a mis l'accent sur le développement des infrastructures de transport, qu'elle estime essentielle pour une meilleure intégration régionale.

Les dirigeants de la SADC ont approuvés plusieurs textes techniques, et cinq d'entre eux ont signé un traité fondant un très vaste espace naturel transfrontalier grand comme la moitié de la France dans les bassins de l'Okavango et du Zambèze, qui a vocation à devenir un paradis de l'écotourisme.

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