Libye: violents combats à Tripoli, les rebelles convergent en masse

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TRIPOLI (AFP) - (AFP)

Les rebelles libyens, dans des camions, pick-up et voitures, convergeaient en masse lundi en milieu de journée de l'ouest de Tripoli vers le centre de la capitale libyenne, en brandissant des armes et en klaxonnant, selon un journaliste de l'AFP sur place..

En quelques minutes, une quarantaine de véhicules sont passés près du reporter, qui a précisé qu'ils se dirigeaient vers la place Verte, lieu symbolique où les partisans du régime avaient l'habitude de se rassembler et que les insurgés ont rebaptisée "place des Martyrs".

Lundi matin, de violents combats ont fait rage autour de la résidence du dirigeant Mouammar Kadhafi à Tripoli, au lendemain d'une offensive majeure lancée par les rebelles dans la capitale libyenne, que les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, espèrent victorieuse

Selon le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, le régime du colonel Kadhafi ne contrôle désormais "pas plus de 10% à 15%" de Tripoli.

Des responsables du Conseil national de transition (CNT), l'organe politique de la rébellion basé à Benghazi (est), sont actuellement en route pour Tripoli, a-t-on appris de source militaire rebelle.

Dans la nuit, les rebelles, qui ont lancé une offensive samedi soir sur la capitale, ont atteint la place Verte, un lieu symbolique où les partisans du régime avaient l'habitude de se rassembler et que les insurgés ont rebaptisée "place des Martyrs".

 Une foule en liesse dansait, agitait des drapeaux rouge, noir et vert, aux couleurs de la rébellion, et scandait "Allah Akbar" ("Dieu est grand") tout en tirant en l'air, selon des images de la chaîne britannique Sky News.

Pour autant, les affrontements se sont poursuivis lundi matin dans la capitale où des témoins ont fait état d'accrochages dans plusieurs quartiers du centre-ville, notamment du côté du port, et de la présence de tireurs embusqués pro-régime sur le toit d'immeubles.

Selon la source militaire rebelle, des "tireurs embusqués visaient la place des Martyrs".

En début d'après-midi, des tirs sporadiques étaient entendus dans plusieurs quartiers, selon un journaliste de l'AFP.

Des combats violents ont eu lieu dans la matinée autour de la résidence de Mouammar Kadhafi à Bab Al-Aziziya, selon un journaliste de l'AFP.Ils avaient relativement baissé d'intensité en début d'après-midi.

 Le colonel Kadhafi serait encore dans sa résidence, a indiqué à l'AFP une source diplomatique.

Selon le reporter de l'AFP, des tirs de kalachnikov avaient retenti dans la matinée tout près de l'hôtel Rixos, où est logée la presse internationale et qui est entouré par des hommes armés pro-Kadhafi.

Dans le même temps, des affrontements ont été signalés dans les villes d'Al-Aziziya (50 km au sud de Tripoli) et d'Al-Khoms, à mi-chemin entre la capitale et Misrata (est).

Deux fils de Kadhafi arrêtés

 L'offensive "Sirène" a été lancée en coordination entre le CNT et les combattants dans et autour de Tripoli, a indiqué un porte-parole du CNT, en précisant que l'Otan était "aussi impliquée".

Des insurgés se sont infiltrés dans la capitale en arrivant par la mer de l'enclave côtière de Misrata, à 200 km à l'est.

D'autres rebelles venant de l'Ouest ont réussi, après de violents accrochages, à entrer dans Tripoli dimanche en fin d'après-midi, acclamés par les habitants qui couraient le long de leur convoi, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les insurgés, qui semblent n'avoir pas rencontré une forte résistance, se sont approchés du centre de la capitale après avoir pris le contrôle de plusieurs quartiers dont Tajoura, banlieue est de Tripoli, selon les témoins.

Quelques heures auparavant, le colonel Kadhafi avait appelé ses partisans à "nettoyer" la capitale, dans son troisième message sonore en moins de 24h diffusé par la télévision libyenne.

 Dimanche matin, il avait déjà martelé qu'il ne se rendrait pas et sortirait "victorieux" de la bataille de Tripoli.

Le porte-parole du régime, Moussa Ibrahim, a indiqué pour sa part dimanche soir que 1.300 personnes avaient péri au cours des dernières 24 heures à Tripoli.Il n'était pas possible de vérifier ce bilan.

L'Afrique du Sud a affirmé ne pas avoir envoyé d'avions en Libye pour permettre à Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, de quitter le pays.

Le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, a annoncé que Seif al-Islam, un fils Kadhafi, avait été "arrêté".Des discussions entre le CPI et les rebelles sont en cours concernant Seif al-Islam, présenté dans le passé comme le futur successeur de son père et qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes contre l'humanité.

Les rebelles ont également arrêté un autre fils de Kadhafi, Mohamed, ont-ils indiqué.

A Benghazi, des dizaines de milliers d'habitants en délire ont envahi les rues dans la nuit."Bye Bye le frisé!", "Dieu est grand!", scandait la foule.

 Mahmoud Jibril, l'un des principaux responsables du CNT, a demandé aux rebelles de s'abstenir de toute vengeance.Il les a également mis en garde contre des "poches de résistance (pro-Kadhafi) dans et autour de Tripoli", soulignant que "le combat n'est pas terminé".

Appel à déposer les armes

Dans la nuit de dimanche à lundi, les forces pro-kadhafi ont ainsi pilonné le quartier Al-Hemida (est), a indiqué à l'AFP un habitant."Les gens sont terrifiés et terrés chez eux, en train d'attendre les rebelles pour les sauver".

Dans l'Est libyen, la rébellion a appelé les forces encore fidèles au colonel Kadhafi à déposer les armes à Brega.

Mais pour le président américain Barack Obama, le régime "a atteint le point de non-retour" et le "tyran" libyen doit partir pour éviter un bain de sang.

Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a estimé de son côté que "le régime de Kadhafi s'effondre clairement".

L'Otan a pris fin mars le commandement d'une coalition internationale intervenue sur mandat de l'ONU pour protéger la population civile d'une sanglante répression du mouvement de contestation, né à la mi-février, contre Mouammar Kadhafi.

La France a proposé une réunion du groupe de contact sur la Libye la semaine prochaine à Paris, alors que "tout est en train de basculer", selon Paris.

L'UE et Londres ont affirmé que la fin du régime était proche, le Premier ministre britannique David Cameron estimant que le colonel Kadhafi "bat en retraite" et "doit arrêter le combat", tandis que Berlin appelait Mouammar Kadhafi à renoncer à son pouvoir, estimant qu'il avait "perdu toute légitimité".

La Chine a déclaré "respecter le choix du peuple libyen et espère un retour rapide de la stabilité en Libye".

Pour sa part, l'un des derniers alliés du dirigeant libyen, le président vénézuélien Hugo Chavez a estimé que les gouvernements d'Europe et les Etats-Unis étaient "en train de détruire Tripoli sous les bombes".

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