Les Libériens votaient mardi pour accepter ou rejeter des modifications de leur Constitution lors d'un référendum contesté par l'opposition et perçu comme un test à sept semaines des élections présidentielle et parlementaires.
Les opérations de vote, qui ont débuté comme prévu à 08H00 (locales et GMT), se poursuivaient dans le calme et devraient prendre fin à 18H00, la journée ayant été fériée pour l'occasion, d'après la Commission électorale nationale (NEC).
Près de 1,8 million de Libériens - sur 4 millions d'habitants - sont appelés à se prononcer au total sur quatre choix.
Pour être validés, les changements proposés doivent être approuvés par deux tiers des électeurs de ce pays d'Afrique de l'Ouest qui sort lentement d'une guerre civile (1989-2003, bien 2003).
Les résultats du référendum sont attendus le 7 septembre et, s'ils sont favorables, ils peuvent modifier le calendrier électoral actuel, prévoyant le premier tour des élections présidentielle et parlementaires le 11 octobre.
L'amendement le plus décrié par l'opposition porte sur la durée de la période de résidence minimum dans le pays des candidats à la présidentielle avant le scrutin.Ce délai est actuellement de dix ans minimum, il est proposé de le réduire à cinq ans au moins.
D'autres modifications concernent le déplacement de la date des élections nationales (d'octobre actuellement à novembre) et sur le type de majorité requise pour remporter une élection au premier tour.
Il est proposé d'appliquer désormais la majorité absolue seulement pour la présidentielle, et la majorité simple pour toutes les autres élections nationales et locales.
Un autre amendement de la Constitution porte sur l'âge de départ à la retraite des juges de la Cour suprême, qu'il est envisagé de repousser de 70 à 75 ans.
Suite à une erreur d'impression sur les bulletins de vote, les deux âges n'ont pas été mentionnés, entraînant une confusion chez certains électeurs, d'après différents témoignages.
"éviter un autre conflit"
La NEC a reconnu avoir constaté cette erreur une semaine avant le référendum, en arguant d'un délai trop court pour bouleverser le processus entier ou reporter la consultation, perçue comme un test avant les prochaines élections.
Plusieurs partis de l'opposition ont appelé à boycotter le référendum ou à rejeter les modifications, jugeant certaines dispositions injustes et estimant le moment inapproprié.
La consultation se tient en pleine campagne électorale (5 juillet-9 octobre) et risque d'avoir des répercussions sur le processus, ont expliqué certains opposants.
La campagne pour les élections ouverte le 5 juillet se clôturera le 9 octobre.La présidente Ellen Johnson Sirleaf, élue en 2005 est candidate à sa succession.
Elle a exhorté les électeurs à un vote massif en faveur des changements qui, selon elle, devraient permettre des économies dans l'organisation de scrutins.
Ces derniers jours, plusieurs responsables ont lancé des appels à l'apaisement, évoquant des risques de violences autour de désaccords sur la consultation, alors que le pays se relève lentement de la guerre civile.
La semaine dernière, la présidente Sirleaf a prié ses compatriotes d'éviter de "replonger le pays dans un autre conflit".
Lundi, la chef de la Mission des Nations unies au Liberia (Minul), Ellen Margrethe Loj, a exhorté à un référendum apaisé, en promettant l'appui des forces onusiennes à la police libérienne qui a déployé pour l'occasion 1.900 hommes à travers le pays.
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