Tripoli retourne timidement à la vie

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TRIPOLI (AFP) - (AFP)

Le policier de la circulation à la tenue d'une blancheur immaculée fait le signe de la victoire: un premier signe d'un retour à la vie de Tripoli, la capitale libyenne, après de nombreux combats de rue.

Après des explosions et des tirs sporadiques vendredi soir, la situation s'est calmée dans la capitale, où les habitants ont commencé samedi à s'aventurer dehors.

Peu avant la rupture du jeûne du ramadan, une dizaine d'enfants cavalent sur le front de mer, où quelques couples se promènent aussi."C'est la première fois de la semaine qu'on sort.On attendait que Kadhafi parte", explique Tahrar Abdullah Berhab, âgé d'une dizaine d'années.

A côté, le tenancier d'une buvette relève son rideau de fer percé de balles.Ses vitres sont brisées, mais l'intérieur n'a pas été pillé.

Dans le quartier de Gorgi, un boucher égorge dans la rue un dromadaire.Des enfants chantent et des travailleurs, tout sourire, dressent une tente pour le festin du soir.

Des commerces ont rouvert et le marché noir du carburant fleurit.Malgré les pénuries en tous genres, les habitants célèbrent leur nouvelle liberté après 42 ans de pouvoir sans partage de Mouammar Kadhafi.

"Nous ne cherchons pas à gagner l'argent mais à aider les gens à retrouver une vie normale", assure Ramadan Omran, dont le taxi déborde de jerricanes d'essence qu'il vend sous un pont d'autoroute de Tripoli.

Avec la fermeture de la plupart des stations service de la capitale, l'essence vient de Tunisie et malgré les propos du vendeur, le prix du litre est 20 voire 40 fois que celui d'avant le début mi-février de la révolte.

"On n'a pas le choix.C'est le mois du ramadan, on doit faire des courses et promener la famille", explique un client résigné, Fathuri Jomaa, tout en remplissant le réservoir de sa voiture au bord de la route.

"Kadhafi a pris toute l'essence avec lui.Ils ont vidé les stations service et nous n'allons pas renoncer à les pourchasser", assure M. Jomaa alors que les rumeurs se succèdent sur une fuite à Syrte, en Algérie ou au Niger.

"Dieu soit loué, on est libre", se réjouit Arabi Issam Mohammed, 70 ans, barbe blanche."Peut-être qu'il a réussi à s'échapper mais il aura Dieu pour juge", susurre-t-il, appuyé sur sa cane.

Dans le centre de Tripoli, un homme remplit les bouteilles d'eau par un tuyau sorti de la fenêtre de sa maison, en pompant dans son puits.

Ibrahim Nasuf affirme que Khadafi a interrompu le flot du précieux liquide, pompé en plein désert à quelque 700 kilomètres au sud de Tripoli et acheminé grâce à travers une rivière artificielle.

Dans tous les cas, "la rumeur dit que les rebelles vont prendre le contrôle de la région où la rivière commence et rétablir l'eau", déclare M. Nasuf.

Des commerces ont même rouvert dans Abou Salim, un quartier de Tripoli qui a connu de violents combats entre les rebelles et des poches de résistance de loyalistes de Kadhafi.

De nombreuses carcasses de voitures jonchent les rues et des débris de bâtiments touchés par les tirs bloquent le passage.

Des enfants prennent tout ce qu'ils trouvent dans les rues et des familles entières sortent visiter le complexe parfois encore fumant de Bab al-Aziziya, quartier général de Kadhafi en partie détruit par des mois de frappes de l'Otan puis pris mardi par les rebelles.

Les habitants ne cachent pas leur satisfaction de voir les combats prendre fin.Depuis le début de l'offensive des rebelles sur la capitale il y a une semaine, les rues de Tripoli étaient restées vides à l'exception des combattants et de quelques curieux qui ne semblaient pas craindre les combats.

"Pas d'eau, pas d'essence, seulement la liberté", fait remarquer un vieillard, assis dans la rue.

Sur le mur en face, un graffiti clame en anglais: "Nous n'allons pas nous rendre, nous gagnerons ou nous mourrons.La libye libre".

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