Les rebelles libyens, nouveaux maîtres de Tripoli, ont annoncé dimanche une importante avancée vers Syrte, dernier grand bastion de Mouammar Kadhafi, dont ils n'étaient plus qu'à 30 km par l'ouest et 100 km par l'est.
Après une série de victoires samedi dans l'ouest, les rebelles ont annoncé la chute sur le front Est de Ben Jawad, à 140 km à l'est de Syrte, verrou qu'ils n'avaient jamais réussi à dépasser lors des multiples fluctuations du front au début du conflit en février et mars.
Fief de M. Kadhafi, qui est né dans cette région et pourrait y avoir trouvé refuge, Syrte est désormais prise en étau entre des forces rebelles venues de Benghazi à l'est et de Misrata à l'ouest.
A l'est, "nous avons pris Ben Jawad aujourd'hui (dimanche), et "les thowar (combattants révolutionnaires) de Misrata" "sont à 30 km de Syrte" sur le côté ouest, a déclaré à l'AFP à Tripoli Mohammed al-Fortiya, commandant des combattants de Misrata, une unité d'élite de la rébellion.
Des négociations sont en cours avec les leaders tribaux de Syrte en vue d'une reddition de la ville, selon diverses sources.
"Nous négocions avec les tribus pour que Syrte se rende pacifiquement", a confirmé M. al-Fortiya, précisant que les discussions n'impliquaient que les leaders tribaux et qu'à sa connaissance, aucun contact n'était établi avec Mouammar Kadhafi ou ses proches.
Pendant ce temps, les pays qui ont soutenu les rebelles pendant six mois de combats déployaient des efforts diplomatiques tous azimuts pour aider à la reconstruction, avec en point d'orgue une conférence jeudi à Paris.
Au Caire, la Ligue arabe a demandé à l'ONU de débloquer "les fonds, les avoirs et les biens revenant à l'Etat libyen", et de permettre au Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, d'occuper le siège de la Libye dans ses diverses instances.
Malgré les inquiétudes devant son caractère hétéroclite, plus d'une cinquantaine de pays ont reconnu le CNT comme autorité légitime en Libye.
Une semaine après leur entrée dans Tripoli, les rebelles, désormais maîtres de la ville, ont commencé à remettre la capitale en état de marche.
Les rebelles redoutent encore des actions d'éléments pro-Kadhafi isolés, en particulier des tireurs embusqués, mais les opérations militaires y sont terminées.
La ville était calme dimanche matin, après une nuit émaillée d'incidents --explosions isolées et rafales d'armes automatiques-- dans différents quartiers.
Les rebelles assurent que l'aéroport et la zone environnante ont été sécurisés.Et la dernière base militaire encore aux mains des forces loyalistes est tombée samedi.Une cinquantaine de squelettes carbonisés, probablement victimes d'un massacre mardi, ont été découverts lors de la prise de ce camp.
Dans le quartier d'Abou Salim, réputé pro-Kadhafi et théâtre de violents combats jusqu'à jeudi soir, la vie a repris, les commerces rouvrant petit à petit tandis que les habitants nettoient les décombres.Samedi soir, des enfants jouaient en outre sur le front de mer, jusqu'alors désert.
Mais "il y a beaucoup d'armes dans des mains pro-Kadhafi", a prévenu samedi un porte-parole rebelle, Mahmoud Chammam, reconnaissant que des poches de résistance subsistaient."Mais il n'y a pas de chaos.Il n'y a pas de coups de feu partout.Nous contrôlons la situation", a-t-il assuré.
Depuis Benghazi (est), le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, a lancé samedi un appel d'urgence humanitaire pour la capitale, qui manque de produits médicaux et alimentaires de première nécessité.
Toutefois, la situation sur place ne semblait pas dramatique, selon les journalistes de l'AFP.Même si les prix se sont envolés, les magasins étaient achalandés.Et si les 2 millions d'habitants de la ville commençaient à manquer d'eau, les rebelles ont affirmé travailler à restaurer ce type de services essentiels.
Dans l'Ouest, les rebelles ont également conforté leurs positions, après la prise du poste-frontière avec le Tunisie de Ras Jdir, puis de deux localités voisines, à chaque fois sans réels combats.
Des unités de combattants se préparaient à partir vers le désert du sud, afin de couper la route de l'Algérie pour les pro-Kadhafi en fuite.
Et d'autres rebelles visaient Bani Walid, à une centaine de kilomètres au sud-est de Tripoli, localité réputé très fidèle au "Guide", et dont un convoi de 60 à 80 véhicules des forces loyalistes en fuite a pris la direction samedi.
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