Le Fonds monétaire international (FMI) a désapprouvé la politique budgétaire du Swaziland, dans un rapport publié mercredi, interdisant de facto à ce petit royaume d'Afrique australe au bord de la faillite d'espérer des prêts des institutions internationales.
"Les dépassements de dépenses et le manque de recettes ont conduit au non-respect de plusieurs objectifs fixés par le programme" du FMI, indique notamment le rapport, rédigé à l'issue d'une visite de deux semaines dans le pays.
Le principal reproche du FMI concerne les dépenses publiques, dont le déficit dépasse les 14% du PIB.
Les dépenses sociales et le coût des salaires des fonctionnaires (l'un des plus élevé d'Afrique) sont particulièrement épinglées.
Le gouvernement Swazi a renoncé à baisser les salaires de ses fonctionnaires, comme le recommandait le FMI, après s'être heurté à une farouche résistance des syndicats qui ont organisé des manifestations massives en début d'année.
Sans la bénédiction du FMI, il est quasi-certain que les institutions internationales comme la Banque mondiale ou la Banque africaine de développement refuseront de prêter de l'argent au Swaziland, où la fortune et les dépenses somptuaires du roi Mswati sont régulièrement dénoncées par les opposants.
Le pays est plombé par la perte de revenus importants d'une union douanière régionale.Et depuis plusieurs mois le gouvernement emprunte à sa propre banque centrale pour boucler les fins de mois.
Seule l'Afrique du Sud s'est récemment engagée à prêter environ 240 millions d'euros au Swaziland, mais la mauvaise appréciation du FMI risque de remettre en cause la signature du chèque.
Le ministre swazi des Finances Majozi Sithole a jugé que cela ne changerait rien, confiant d'obtenir la première tranche du prêt, "pas liée à ça" selon lui.
Le président du syndicat des fonctionaires du Swaziland, Vincent Dlamini, a pour sa part accusé mercredi le FMI d'être "anti-pauvres" et de chercher à torpiller le prêt sud-africain, considéré comme un ballon d'oxygène vital.
Il a reproché aussi au FMI de s'en tenir aux seules questions économiques.
Selon Muzi Masuku, un analyste swazi basé en Afrique du Sud, l'évaluation du FMI aura "un impact sur des programmes gouvernementaux comme l'école primaire gratuite, l'ouverture de l'université, et la distribution de traitements anti-rétroviraux aux malades du sida séropositifs".
L'attitude du FMI est cependant compréhensible selon lui, en l'absence de mécanismes assurant que l'argent versé au pays "n'est pas utilisé pour soutenir le train de vie du roi".
Dans son rapport, le FMI a affirmé qu'il ne donnerait pas une nouvelle chance au Swaziland tant que des mesures sérieuses n'auront pas été prises, et notamment la réduction de la masse salariale des fonctionnaires.
Le FMI a aussi fait observer la faiblesse des réserves en devises du pays.Elle pourrait menacer à court terme la monnaie, le Lilangeni, pour l'instant lié au rand sud-africain, à la parité de un pour un.
"Préserver la parité avec le rand sud-africain est la première des priorités", a déclaré le chef de la mission du FMI au Swaziland, Joannes Mongardini, qui exhorte le gouvernement à cesser sur le champ d'emprunter à la banque centrale, et à rembourser au plus vite les crédits déjà débloqués.
"Nous n'avons pas l'intention de décrocher" du rand, a rétorqué le ministre swazi des Finances.
La mission du FMI a reçu un accueil plutôt froid pendant deux semaines.Le Premier ministre Barnabas Dlamini est parti à l'étranger pendant son séjour et n'a rencontré aucun de ses membres.Plusieurs réunions prévues ont été annulées, dont celle avec le représentant de la société royale d'investissement, qui détient des parts dans pratiquement toutes les sociétés majeures du pays.
La situation du Swaziland sera de nouveau débattue à la prochaine réunion annuelle du FMI en septembre.
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